Blog - Pour une riposte solidaire

04 déc 2017
Plan de mobilité entreprise : obligations et conseils

TOUTES LES ENTREPRISES DE PLUS DE 100 COLLABORATEURS SONT CONCERNÉES PAR LA RÉALISATION D’UN PLAN DE MOBILITÉ AU 1ER JANVIER 2018. QU’EST-CE QUE LE PLAN DE MOBILITÉ ET À QUOI SERT-IL ? TOUR D’HORIZON ET CAS CONCRETS.

 

>> Qu’est-ce que le Plan de mobilité entreprise ?

La loi rend obligatoire le plan de mobilité, anciennement plan de déplacement entreprise (PDE), pour les entreprises regroupant plus de 100 salariés sur un même site et situées dans le périmètre d’un Plan de Déplacements Urbains (PDU). Les entreprises concernées devront avoir réalisé leur plan au 1er janvier 2018. C’est le cas des entreprises situées à Paris et plus largement en Île-de-France.

 

>> En quoi cela consiste ?

Le plan de mobilité consiste en la réalisation d’un diagnostic d’accessibilité du site concerné et d’une enquête auprès des salariés, puis d’un plan d’actions assorti d’un budget et d’un calendrier, pour faire évoluer les comportements des salariés en matière de déplacements et ainsi contribuer à la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Ce plan d’actions peut comporter des mesures de développement de l’usage des transports en commun, du covoiturage, de l’autopartage, de la pratique du vélo mais également de recours au télétravail ou de flexibilité des horaires.

 

Le plan de mobilité peut être un véritable outil au service de l’optimisation des coûts, du management de l’organisation et des ressources humaines de l’entreprise, mais aussi de la qualité de vie au travail des collaborateurs. Son efficacité dépend de la manière dont il est appréhendé et conduit en interne.

 

CAS PRATIQUE N°1 : LE SIÈGE DU GROUPE VEOLIA À AUBERVILLIERS

C’est l’exemple de l’entreprise Veolia, qui, à l’occasion du déménagement en 2016 de 2 200 de ses collaborateurs à deux pas de la Porte de la Villette, a souhaité engager un plan de mobilité.

 

Étudier les besoins des salariés

Dans un premier temps, le Groupe a identifié que de nombreux collaborateurs au sein de Veolia, mais également sur l’ensemble du Parc du Millénaire, avaient intérêt à covoiturer ensemble au vu de leur proximité géographique et de la similitude des trajets qu’ils empruntaient.

« Auparavant disséminés dans toute l’Île-de-France, les holdings et les sièges de plusieurs entités du Groupe Veolia sont désormais regroupés sur le même site à Aubervilliers. Depuis, le nouveau siège réunit désormais quelques 2 200 salariés. Pour permettre à chacun d’optimiser ses temps de trajet entre son domicile et son lieu de travail dans les meilleures conditions, la mise en place de solutions de mobilité s’est imposée. »
Jocelyne LOOS-BAROIN, Directrice Innovations sociales-DRH du groupe, Groupe Veolia

 

 

Opter pour la solution la plus adéquate

Après une phase de benchmark et d’auditions de plusieurs prestataires du marché menés de concert avec Icade, gestionnaire du parc, et dans le cadre d’un plan de déplacements inter-entreprises local, Veolia et Icade ont choisi la solution WayzUp, une application mobile spécifiquement conçue pour les trajets domicile-travail. Elle permet aux collaborateurs d’organiser leurs trajets aller et retour à l’avance ou quelques minutes avant. L’itinéraire de chaque conducteur est pris en compte afin de minimiser les détours et le passager peut choisir de repartir avec le conducteur qui correspond le mieux à ses horaires du soir. Il est également possible de mettre en place une alternance de véhicule entre deux conducteurs et une option permet de covoiturer avec un véhicule de fonction.

 

Accompagner le changement

Outre la solution technique, plusieurs événements ont été organisés avec les salariés pour assurer la bonne prise en main de l’outil et lever les freins qui pouvaient empêcher le recours au covoiturage (assurances, garantie retour, partage des coûts, etc.).

Deux mois après le lancement, déjà plus de 200 collaborateurs de Veolia proposaient quotidiennement leurs trajets et 80 % d’entre eux ont trouvé un covoitureur.

Le Groupe a aussi cherché des solutions pour réduire son empreinte carbone, notamment les émissions de CO2 liées au déplacement de ses collaborateurs. Plusieurs actions ont été mises en place : mobilisation autour des transports en commun, organisation du covoiturage via une application dédiée, mise en place d’un service d’auto-partage, promotion d’horaires flexibles de travail pour décongestionner le trafic aux heures de pointe et possibilité de télétravail à domicile pour les salariés.

 

 

CAS PRATIQUE N°2 : COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE CERGY-PONTOISE

L’entreprise peut construire et conduire un plan mutualisé avec des entreprises voisines, ce qui permet d’en réduire le coût et d’en favoriser l’efficacité grâce à la mise en place d’actions communes.

 

Mutualiser les déplacements inter-entreprises

La Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, qui, dans le cadre de ses politiques de développement économique et de mobilité durable, accompagne depuis 2014 la mise en œuvre de trois plans de déplacements inter-entreprises sur son territoire (près de 10 500 salariés et étudiants).

« La forme inter-entreprises se prête particulièrement bien à Cergy-Pontoise, puisque cela permet de mutualiser sur un même espace certaines actions (covoiturage, événementiel), et d’inclure les petites et moyennes entreprises dans le processus. Cela légitime également les demandes de renfort d’offres faites auprès de l’autorité organisatrice de transports, lorsque cela est opportun. »
Cédric Laperteaux, conseiller communautaire délégué chargé de la mobilité, du transport et du stationnement.


 

Contribuer au développement du territoire

Les actions du Plan de déplacement inter-entreprises peuvent être menées par les entreprises ou par les pouvoirs publics et relèvent autant de l’infrastructure (aménagements cyclables, trottoirs, abri bus, stationnements vélo en entreprises, bornes pour véhicules électriques,…) que de la communication et de l’événementiel (carte multimodale, écran multimodal, newsletter mobilité, événement covoiturage, conseil en mobilité, test des parcours vélos entre le parc et les gares alentours,…) ou encore d’une nouvelle organisation du travail (adaptation des horaires à ceux des transports en commun, télétravail, visioconférences…).

« Ces actions sont subventionnables par la Région Île-de-France, ce qui constitue un levier important en particulier pour renforcer l’action de la Communauté d’agglomération en matière d’aménagement de l’espace public. De leur côté, les entreprises s’engagent à mettre en œuvre un certain nombre d’actions sur la période du plan en signant une charte d’engagement territorial. »

 

Publié le 04 octobre 2017 par Mathilde VAN-EECKHOUT sur apc-paris.com


19 mai 2017
Un diagnostic pour évaluer votre gestion des déchets

POUR FAVORISER L'ENGAGEMENT ENVIRONNEMENTAL DES ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES, RIPOSTE VERTE MET EN LIGNE, EN LIBRE ACCÈS, SON DIAGNOSTIC DÉCHETS. IL LEUR PERMET DE S'AUTO-ÉVALUER AU REGARD DU DÉCRET DE MARS 2016 RENDANT OBLIGATOIRE LE TRI DES DÉCHETS À LA SOURCE DANS LES SITES TERTIAIRES ET DE BÉNÉFICIER IMMÉDIATEMENT DE PRÉCONISATIONS PERSONNALISÉES, D'UN OUTIL DE GESTION POUR PILOTER LEUR DÉMARCHE ET DE SUPPORTS DE COMMUNICATION.

 

Après les Diagnostic Environnemental en 2011, Diagnostic RSE en 2013 et Diagnostic Papier en 2016 (utilisés par plus de 3 000 organisations professionnelles), Riposte Verte poursuit sa mission d'innovation sociétale et offre une quatrième application traitant de l’ensemble des déchets que l’on trouve dans un environnement de bureau.

>> Des organisations en manque d'expertise et de ressources

La gestion des déchets est un des symboles d'une politique environnementale, en général géré par les organisations de manière non exhaustive. Pourtant avec le décret n°2016-288 du 10 mars 2016, les nouvelles obligations de tri sont précisées.

En cause, le manque d'expertise et de ressources allouées qui freine l'engagement sociétal et ne permet pas de profiter des avantages et opportunités d'une démarche écoresponsable formalisée.
 

>> Une application simple et gratuite

Cette application est destinée à toute personne morale (entreprise, association, collectivité, etc.), petite ou grande, souhaitant faire un bilan rapide de ses pratiques. Elle permet d'identifier les axes d'amélioration prioritaires et/ou de faire le point sur une démarche déjà engagée mais non formalisée.

L'outil, accessible gratuitement sur le site de Riposte Verte, permet à l'utilisateur de répondre aux questions avec un compte personnel et de gérer la mise en œuvre des actions préconisées de façon autonome.

Répondre aux questions prend une vingtaine de minutes et permet d'étudier la performance des postes :

  • Politique ;

  • Achats ;

  • Tri ;

  • Collecte ;

  • Communication ;

  • Ecogestes.

>> De nombreux bénéfices opérationnels

Une fois le questionnaire rempli, l'application génère automatiquement un rapport constitué des bonnes pratiques relevées et des actions prioritaires identifiées.

Dans le même temps, pour faciliter cette mise en œuvre et le suivi des engagements, ces données sont intégrées à un espace privé dédié au pilotage de la démarche (tableau de bord, radars, plan d'actions, indicateurs de suivi...) et, pour impliquer les collaborateurs, des supports de communication interne sont également disponibles.

Les avantages pour l'organisation utilisatrice d'une politique Déchets formalisée sont connus : renforcement des relations avec les parties prenantes ; processus de meilleur qualité ; conformité réglementaire ; avantage concurrentiel ; consolidation de l’image de marque ; etc.

>> Une collaboration avec des acteurs reconnus

Pour développer ce Diagnostic Déchets, Riposte Verte a travaillé avec Cèdre, premier collecteur de déchets de bureau en France et deux éco-organismes, Ecologic et Valdelia. Nous avons simplifié la partie Déchets de notre Bilan Environnemental pour permettre au plus grand nombre d'avoir accès rapidement à un bilan de leurs pratiques.

Bonne riposte.

 

 


21 mar 2017
Découvrir des centaines d'écogestes de bureau... en jouant !

AU BUREAU, NOUS CONNAISSONS TOUS DES ÉCOGESTES SIMPLES (ÉTEINDRE LA LUMIÈRE, RECYCLER LE PAPIER…) ET EN CHERCHONS SOUVENT DE NOUVEAUX POUR DIMINUER NOS IMPACTS SUR L’ENVIRONNEMENT. AVEC CE NOUVEAU PROJET, RIPOSTE VERTE SOUHAITE VOUS FAIRE DÉCOUVRIR DES CENTAINES D’ÉCOGESTES… EN JOUANT !
 

En France, 3 actifs sur 4 travaillent dans un environnement tertiaire. Nous sommes près de 20 millions et nos impacts sur l’environnement, pris individuellement sont minimes, pris collectivement sont considérables !

Renforcer nos écogestes est donc un enjeu majeur, surtout au bureau. Pour innover, « L’œil au vert » a été crée en 2011, sorte de « Où est Charlie » des écogestes du bureau visant à sensibiliser et faire prendre conscience de la facilité d’agir. Les joueurs se trouvent plongés dans différentes scènes familières - tel un hall d’accueil, des bureaux partagés, une salle de réunion ou un coin cuisine - et y recherchent les bonnes et les mauvaises pratiques pour l’environnement dissimulées. Ils apprennent ainsi de nouveaux écogestes et débattent de la pertinence de les mettre en œuvre dans leur travail quotidien.
 

À ce jour, ce jeu a été envoyé gratuitement à plus de 3 000 organisations impliquant environ 30 000 personnes. De petites améliorations ont été apportées en 2014 mais, en 2017, nous avons 2 objectifs : lui donner une seconde jeunesse ET développer une application numérique pour smartphones.

Nous souhaitons recréer un univers plus réaliste qui permettra aux joueurs de se sentir plus proches encore de la réalité et ajouter de nouvelles scènes : télétravail, espace de coworking…
 

Ce projet de jeu gratuit, déposé sur la plate forme de la Fabrique Aviva, ne pourra voir le jour que si vous votez sur : https://lafabrique-france.aviva.com/voting

Attention : vous devez vous inscrire (en 30 sec) ou vous connecter avec Facebook !


05 oct 2016
Quelle politique papier des grandes entreprises en 2016 ?

EN 2016, LES POLITIQUES PAPIER DES GRANDES ENTREPRISES SONT À LA FOIS ENCOURAGEANTES ET DÉCEVANTES. ENCOURAGEANTES CAR, PARMI LES POLITIQUES PASSÉES AU PEIGNE FIN, CERTAINES MONTRENT DE TRÈS BONNES PERFORMANCES À LA HAUTEUR DES ENJEUX ET DES ATTENTES. DÉCEVANTES CAR LA MAJORITÉ NE MANQUE PAS DE RESSOURCES MAIS PLUTÔT D'ENGAGEMENTS ET DE TRANSPARENCE.

Évaluant la politique papier des grandes entreprises, collectivités ou institutions dans le but de les inciter à améliorer leurs performances environnementales, le Baromètre PAP50, réalisé par Riposte Verte et le WWF France (sous mécénat de PAPREC), s’est ainsi concentré cette année sur l’analyse des pratiques de 53 grandes entreprises françaises dans la grande distribution, l’agroalimentaire, le conseil, la beauté et le luxe, la distribution de fournitures de bureau, la gestion du courrier et les télécommunications ou encore des secteurs de l’énergie et de la chimie. Le baromètre prend en compte les consommations de papier, la responsabilité des papiers utilisés et les actions mises en place pour optimiser la collecte des papiers usagés.
 

Les résultats du Baromètre PAP50 2016 sont encourageants car, parmi les 22 entreprises ayant répondu de façon complète, certaines montrent de très bonnes performances. Ainsi, La Française des Jeux, Yves Rocher, Engie, Carrefour, La Poste présentent des performances à la hauteur de nos attentes. Certaines entreprises, pourtant mal ou moyennement notées lors de la première évaluation en 2010, ont par ailleurs constamment progressé depuis.

Plus décevant est cependant le taux de participation de 41 % révélant un manque transparence de la majorité des grandes entreprises françaises. Ces entreprises sont pourtant toutes concernées, consommant beaucoup de papier de bureau et publiant des volumes parfois très conséquents de documents institutionnels, promotionnels et éditique. Elles sont aussi directement responsables, sous leurs propres marques, de la mise sur le marché de produits papiers.

 

A titre d’exemple, parmi les 14 entreprises présentant les plus forts impacts sur les écosystèmes, notamment par leurs approvisionnements en papier et pâte à papier, seules 4 entreprises ont répondu, avec un score variable allant de « Excellent » (Carrefour) à « Insuffisant » (Les Mousquetaires) en passant par « Moyen à bon » (Auchan, L’Oréal). Ces organisations de stature mondiale ont un poids certain sur les écosystèmes et, par leurs engagements, choisissent de faire partie de la solution. Les sept autres restent suspicieusement silencieuses sur leurs performances (Casino, Leclercq, Système U, Danone, Lactalis, Sodiaal, Savencia). Le secteur de l’agro-alimentaire, qui engloutit une part importante de produits papetiers pour ses emballages, apparaît le secteur le plus en retard de l’échantillon.

Ainsi, en 2016, les résultats du Baromètre PAP50 Entreprises démontrent qu’il est possible d’avoir une politique exemplaire en matière de papiers recyclés et certifiés sans déforestation ainsi que dans l’optimisation de l’usage du papier. Nous félicitons La Française des Jeux pour son leadership en la matière. Et nous demandons aux entreprises qui n’ont aucune transparence ou aucun engagement sur l’utilisation responsable du papier de sortir de cette attitude irresponsable pour la planète alors que toutes les solutions sont disponibles.

Plus d'infos sur les Baromètres PAP50 depuis 2010 et plus d'articles sur le papier au bureau : Mettre en place une vraie politique papier en 5 points, Pour une économie circulaire de la filière papier recyclé et Quels sont les impacts environnementaux du papier ?


09 mai 2016
Nouvelles obligations de tri des déchets au bureau

POUR AUGMENTER LE TAUX DE RECYCLAGE DES PRINCIPAUX DÉCHETS NON DANGEREUX PRODUITS PAR LES ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES, UN DÉCRET PARU LE 10 MARS DERNIER REND OBLIGATOIRE LEUR TRI À LA SOURCE.

 

DES TAUX DE RECYCLAGE TRÈS INSUFFISANTS

Le décret n° 2016-288 du 10 mars 2016 précise les nouvelles obligations, valables à compter du 1er juillet pour toutes les organisations professionnelles (privées ou publiques), en matière de tri de 5 déchets non dangereux : papier, plastique, verre, métal et bois. Il ne s'adresse pas exclusivement aux environnements tertiaires mais c'est là que sont les gisements les plus importants.

 

C'est bien connu, la collecte sélective et le recyclage génèrent d'importantes économies financières et environnementales (sur les consommations de matières premières, d'eau, d'énergie, la production de CO2...) et contribue au développement d'une économie circulaire. Ce qui l'est moins, c'est la surconsommation de ces matières accompagnée de taux de recyclage très faibles. Par exemple, en France, nous consommons 94 kg/pers/an de papier au bureau (dont 50 feuilles/pers/jour de papier à copier) recyclés à environ 30 %. Le taux de recyclage du plastique est de 22 %, du mobilier professionnel (constitué pour 65 % de métal et 25 % de bois) de 15 % et du verre plat (des fenêtres) de moins de 5 %.

 

 

UN NÉCESSAIRE RENFORCEMENT DES OBLIGATIONS

Pour diminuer les impacts environnementaux de ces 5 déchets, il est donc nécessaire d'augmenter leurs taux de réutilisation et de recyclage. Solution identifiée par l'ensemble des filières pour atteindre cet objectif, le tri à la source pour les organisations professionnelles est maintenant réglementée par la section 3 du décret.

 

Elle oblige la séparation, des déchets composés majoritairement en masse de papier, de métal, de plastique, de verre ou de bois, du reste des autres déchets, soit matière par matière, soit en les plaçant dans un même container pour un tri ultérieur dans un centre agréé.

 

Sont concernés, les producteurs ou détenteurs de ces déchets qui ne font pas appel au service d'une collectivité territoriale pour leur collecte ou s'ils le font, produisent ou détiennent plus de 1100 litres par semaine. Attention, ce quota est valable pour un site sur lequel plusieurs organisations sont implantées. Dans un immeuble de bureaux partagé, toutes les organisations présentes sont affectées même si individuellement, elles sont sous la limite de 1100 litres/semaine.

 

Une fois triés, ces déchets doivent faire l’objet d’une valorisation en interne ou, via un intermédiaire, d’une collecte directe jusqu’à une installation de valorisation. A charge pour ces deux derniers acteurs de délivrer, avant le 31 mars, une attestation mentionnant les quantités reçues, la nature des déchets et leur destination de valorisation finale.

 

 

UNE CIBLE PARTICULIÈRE : LE PAPIER DE BUREAU

Dans ce décret, un focus est fait sur les papiers de bureau, utilisés pour un usage interne ou de communication externe. Les déchets pris en compte sont les papiers à usages graphiques (ramettes, cahiers, blocs...), enveloppes et pochettes, livres, publications presse et, même, les articles de papeterie façonnés.

 

Devant montrer l'exemple, les administrations et établissements publics de l’État, producteurs ou détenteurs de ces déchets, devront à compter du 1er juillet 2016 les trier et (faire) valoriser sur chacune de leurs implantations regroupant plus de 20 personnes.

 

Les autres organisations de droit privé ou public, productrices ou détentrices de ces déchets, ont quant à elles l'obligation de les trier et de les (faire) valoriser, dès le 1er juillet 2016 pour les sites de plus de 100 personnes, au 1er janvier 2017 pour ceux de plus de 50 personnes et à compter du 1er janvier 2018 pour les plus de 20 personnes. Là encore, si différents acteurs d'une même implantation et desservis par le même prestataire de gestion des déchets de papiers de bureau totalisent ces effectifs, le site est concerné. De plus, un arrêté ministériel viendra préciser les catégories socio-professionnelles concernées.

 

 

 

LES BONNES PRATIQUES À METTRE EN OEUVRE

Pour faciliter le geste de tri et devenir responsable, une organisation doit, bien sûr, respecter la réglementation mais surtout formaliser sa démarche de façon progressive :

- Lutter contre la surconsommation (sensibilisation, réemploi...)

- Favoriser l'achat de produits éco-conçus, plus faciles à recycler.

- Évaluer sa production de déchets (volumes et types)

- Encourager le tri avec des Points d'Apport Volontaire bien répartis.

- Contractualiser la collecte et le traitement avec un prestataire spécialisé.

- Communiquer régulièrement sur la gestion des flux et les quantités triées.

 

Alors si, malheureusement, aucun mode de contrôle ni sanctions ne sont annoncés pour le moment, les raisons d'engager une politique Déchets ne manquent pas : lutte contre les coûts environnementaux cachés, bénéfices économiques et sociaux, renforcement de l'image de marque et, bien sûr, soutien à une économie circulaire.

 


08 Jan 2016
Mettre en place une vraie politique papier en 5 points

LES LEVIERS CLASSIQUES TELS QUE LA BAISSE DE LA CONSOMMATION, LA SENSIBILISATION DU PERSONNEL À L'EMPREINTE ÉCOLOGIQUE ET LA CONFIGURATION DES COPIEURS ONT ÉTÉ ACTIVÉS ? VOICI COMMENT ALLER PLUS LOIN DANS L'OPTIMISATION DU POSTE PAPIER DE VOTRE ENTREPRISE.

 

"Il faut mettre en place une vraie politique papier, assène Valéry Hergott, directeur de l'association Riposte Verte. C'est-à-dire une stratégie globale qui va se décliner dans tous les services de l'entreprise, sur tous les sites, et pas seulement au siège social où se concentrent les postes administratifs, gros consommateurs de papier."

 

Deuxième point fondamental pour cette association qui accompagne les entreprises dans leur politique environnementale, établir un suivi de cette politique papier, en nommant un ou des référents chargés de l'analyse de cette stratégie globale sur le long terme. Riposte Verte a d'ailleurs développé un outil, le Baromètre PAP50, qui permet d'établir un diagnostic et de suivre la progression des entreprises sur plusieurs années. Alors comment mettre en place une vraie politique papier? La réponse en cinq points.

 

 

1. ÉLARGIR LE REPORTING À TOUTES LES RESSOURCES PAPIER

Diminuer le nombre de feuilles A4 imprimées ne suffit pas. Il faut aussi s'intéresser aux autres papiers, qui "représentent entre 20 à 30 % des papiers bureau", estime Valéry Hergott. Enveloppes, pochettes cartonnées, papiers destinés à la communication externe... Autant de postes sur lesquels il est possible de gagner encore des marges de manœuvre et qui doivent faire partie de la stratégie papier de l'entreprise. Valéry Hergott conseille ainsi de "se fixer des objectifs et d'avoir de vrais reportings sur toutes les consommations".

 

 
 

2. SE METTRE À LA (BONNE) PAGE

Autre mesure à mettre en œuvre quand on cherche à optimiser ses achats papier : privilégier un papier standard, avec un grammage inférieur. Un choix qui permettrait de diminuer sa consommation de 14 %, pour un rendu qualitatif quasiment identique. Face aux logiques de rentabilité de leurs clients, les papetiers ont en effet dû adapter leurs produits, en proposant un papier de 75 g/m², voire 70 g/m² à la place du classique 80 g/m². Et ce, sans perdre en qualité. "Malgré cette diminution, nous sommes parvenus à garder une tenue de papier, "une main", plus intéressante qu'auparavant", détaille Jean-Claude Auffret, responsable achats secteur papeterie chez Bruneau, spécialisé dans les fournitures de bureau. Preuve de cette tendance, dans un marché hyper tendu "le grammage à 75 g/m² connaît une progression d'en moyenne 8 à 10 %", observe le fabricant.

 

Pour faire baisser encore ses coûts liés au papier, l'autre bonne astuce consiste à privilégier un produit unique. Fini le temps où l'on pouvait choisir son papier près du copieur. Un papier standard évite le gaspillage. "Aujourd'hui, les papiers sont tous de bonne qualité et respectueux de l'environnement. Les nombreuses normes, écolabels et certifications prouvent qu'il y a une véritable prise de conscience des fabricants", note Stéphane Courtot, président France du distributeur de papiers et de solutions d'emballage Antalis.

 

 

3. OPTER POUR LA MUTUALISATION

Pour faire jouer la concurrence, et proposer un vaste choix de fournisseurs et donc de produits, à moindre coût, la grande tendance est au groupement d'achats, tant dans le public que dans le privé. C'est le cas de l'UGAP. Ses clients, des milliers de clients publics, allant des ministères aux communes, "bénéficient de prix très préférentiels tout simplement parce que nous leur demandons des volumes représentant des millions d'euros et qu'il y a une remise en concurrence régulière", relève Wilfried Boudas, directeur achats de la centrale.

 

Les clients de l'UGAP ont aussi la garantie d'avoir des produits confor­mes aux politiques publiques, tant en termes de respect de l'environnement que de grammage. Dans un marché très tendu, les fabricants de papier ont dû adapter leurs gammes à cette massification des achats pour répondre aux exigences de leurs clients. "Nous avons aussi dû revoir nos prix", avoue Raoul Santos, responsable grands comptes chez Bruneau.

 

 

4. OPTIMISER AUSSI SES SYSTÈMES D'IMPRESSION

Impossible de parler optimisation des achats papier sans prendre en compte le poste impression. La vraie bonne idée, selon Frédéric Métaireau, responsable administratif et d'exploitation à la Confédération générale des Scop, c'est de réaliser un audit de son parc impression afin de vérifier s'il est en adéquation avec ses besoins. Pour mener cet audit, la structure, qui représente 2500 sociétés, a fait appel à un cabinet conseil. "En plus du diagnostic réalisé, le cabinet CLB avec qui nous avons travaillé, nous a permis de réaliser de belles économies, en proposant des machines à des prix ultra compétitifs", résume le responsable.

 

 

Aujourd'hui, la Confédération générale des Scop, qui a renouvelé entièrement son parc, estime avoir dépensé quasiment 70 % de moins que le coût initial. Un bon investissement. Car couplée aux préconisations organisationnelles du cabinet sur l'utilisation des copieurs, cette solution permet de réduire le coût du poste papier sur le long terme. Autre idée qui a fait ses preuves : faire disparaître les imprimantes personnelles. L'UGAP a intégré ce paramètre dans sa politique papier. "Moins de copieurs, quasiment aucun en couleurs, un réglage systématique des machines en noir et blanc et recto verso, voilà ce qui a fait diminuer le coût des achats papier", illustre Wilfried Boudas.

 

 

5. EXTERNALISER

L'externalisation des impressions se développe également, notamment pour les entreprises ayant recours à des papiers de communication externe. L'avantage : l'imprimeur se charge de gérer les quantités, évitant ainsi la gâche. Le reprographe Electrogeloz propose d'ailleurs à ses clients de gérer leurs propres impressions et d'en suivre la consommation. Après avoir passé commande sur Internet, il édite des statistiques permettant à l'entreprise de surveiller sa consommation de papier certes, mais aussi de couleurs, les finitions... Le client peut même vérifier l'utilisation de l'impression service par service et ajuster en conséquence. Certains prestataires aident à aller encore plus loin.

 

Chez EPSA, cabinet de conseil expert en achat hors production, il est possible de diminuer non seulement ses coûts de papier, d'impression mais aussi de transport et de distribution. "Nous prenons en compte le coût total de production d'une brochure. Nous aidons notre client à optimiser le format de son produit pour éviter la déperdition de papier et lui permettre de payer moins de taxes Ecofolio", dévoile Élise Duffour, consultante en achats du groupe. Une politique papier globale qui permet de réaliser des économies au-delà de la simple consommation.

 

 

 

LE PAPIER EN CHIFFRES

1 Le papier est le premier consommable de bureau

7 Nombre de fois où un papier peut être recyclé

15 Pourcentage de feuilles oubliées près de l'imprimante

25 C'est le taux de recyclage des papiers de bureau

900 000 Tonnage de déchets papier produits au bureau

Article d'Émilie DURAND pour Décisions Achat


12 oct 2015
Le bilan carbone : un indicateur pertinent pour le bâtiment

CONTRAINTS OU FORCÉS, LES ACTEURS DE L'IMMOBILIER DOIVENT AGIR

 

Si le climat, toujours en évolution, n'a jamais été stable, l’activité humaine depuis deux cents ans est à l’origine d'un dérèglement majeur, essentiellement par son utilisation incontrôlée d’hydrocarbures fossiles.

 

En France, le parc immobilier de bureaux recouvre plus de 200 millions de m2et le secteur du bâtiment dans son ensemble consomme 43 % de l’énergie finale et contribue pour 25 % aux émissions nationales de gaz à effet de serre (GES). Depuis le Grenelle Environnement, l'État durcit la réglementation et les acteurs tertiaires doivent donc, volontairement ou contraints, s'engager à réduire leurs impacts.

 

Les organisations ont donc besoin d'être guidées dans une stratégie bas carbone, adaptée à leurs sites et leur activité. En réalisant leur bilan carbone (appelé aussi bilan GES), elles obtiennent un indicateur non pas économique mais physique, une évaluation de la masse totale de gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère sur une année. Comme tout bon bilan, il permet d'identifier les axes d'amélioration, les indicateurs à suivre et les procédures à faire évoluer.

 

 

 

 

 

L'expertise d'un professionnel en conseil carbone est indispensable tout au long de la démarche pour appréhender les enjeux et la réglementation, planifier les actions prioritaires, faciliter et évaluer leur déploiement et in fine pérenniser le développement de l'activité.

 

 

 

POURQUOI SE PRÉOCCUPER DE SON EMPREINTE CARBONE ?

 

Un groupement inter-disciplinaire et international des plus grands experts scientifiques travaillant sur l'évolution du climat, le GIEC, prévoit un réchauffement des températures de grande ampleur sur un laps de temps très court. La planète et l'humanité toute entière connaissent déjà des bouleversements majeurs sur le plan environnemental mais aussi économique et sociétal.

 

Le secteur de l'immobilier est un des rares qui offre des possibilités de progrès fortes pour répondre aux engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour une entreprise, agir dès maintenant est nécessaire pour ne pas disparaître.

 

L'organisation consciente de ses responsabilités et des attentes de ses parties prenantes a besoin d'un outil de mesure pour son patrimoine et toute son activité. Bénéficier d'une comptabilité carbone lui apporte de nombreux avantages : sensibilisation des parties prenantes, évaluation des différentes sources d'émissions de GES, aide à l'orientation stratégique et communication des résultats obtenus.

 

L'urgence d'agir n'étant malheureusement pas une raison suffisante pour de nombreux acteurs, le législateur a fini par instauré une obligation légale. Depuis 2012, la loi Grenelle 2 impose, au travers de l'article 75, à l’ensemble des personnes morales de droit privé employant plus de 500 personnes (250 en outre-mer), des collectivités de plus de 50 000 habitants et des personnes de droit public de plus de 250 personnes, de réaliser un Bilan des émissions de gaz à effet de serre tous les trois ans.

 

 

LE PÉRIMÈTRE PRIS EN COMPTE POUR PREUVE DE SA SINCÉRITÉ

 

Le périmètre réglementaire est trop souvent la limite que se fixe les organisations, quant bien même ce niveau d'analyse exclut des leviers essentiels pour diminuer les impacts carbone.

 

Déjà restreinte aux seules grandes organisations, la législation manque aussi d'ambition quant aux activités concernées puisqu'elle n'exige le calcul que d'une petite partie des émissions, très insuffisante au regard des émissions réellement engendrées par le patrimoine et les différents pans constitutifs de l'activité globale.

 

 

Illustration du périmètre pertinent à retenir pour le bilan carbone d'un site tertiaire

 

 

Un périmètre exhaustif est primordial car il permet d'abord d’approfondir l’évaluation globale de l'activité. Il donne lieur ensuite à une analyse plus fine de la dépendance économique, donc de la vulnérabilité, aux produits et services émetteurs de gaz à effets de serre.

 

Pour prouver la sincérité de sa démarche et maîtriser réellement son empreinte carbone, l'entreprise doit ajouter le suivi des émissions dues aux immobilisations, à la climatisation, aux achats de biens ou de services, au traitement des déchets,, à l’utilisation et à la fin de vie des produits vendus mais aussi aux flux de personnes. Pour reprendre la terminologie de la norme ISO 14064-1, un des principaux référentiels en la matière, c'est bien l’ensemble du Scope 3 qui est à intégrer à la démarche.

 

Pour un patrimoine immobilier, prouver sa sincérité passe aussi par le calcul des émissions de GES à climat constant. En faisant abstraction des variations de consommations liées aux conditions météorologiques, c'est bien l’impact réel des consommations de chauffage ou de climatisation qui est mesuré.

 

 

« NORMES » OU « MÉTHODES », LES RÉFÉRENTIELS SONT MATURES

 

Il existe plusieurs référentiels nationaux et internationaux définissant un cadre pour la réalisation d’un bilan GES (norme ISO 14064-1, protocole GHG, méthode Bilan Carbone®...) Tous ces outils diffèrent finalement assez peu les uns des autres et le choix se fera notamment en fonction de la communication autour du projet. Quel que soit l'outil choisi, il apporte une exhaustivité à la démarche :

  • Mise à jour des principaux postes d’émissions et hiérarchisation des actions ;

  • Identification des leviers de réduction des coûts financiers ;

  • Réflexion pour trouver de nouveaux relais de croissance ;

  • Réduction de la vulnérabilité aux variations de prix des énergies fossiles ;

  • Suivi d’un nouvel indicateur de performance pour le reporting extra-financier.

 

Forcément inscrite dans la durée, une politique carbone performante et pérenne suit des étapes bien définies d'amélioration continue  :

  • Sensibiliser les équipes à l'effet de serre ;

  • Définir le patrimoine et les champs d'activité retenus ;

  • Collecter les données de base et procéder aux calculs ;

  • Planifier et lancer les actions annuelles ;

  • Évaluer et réorienter le plan d'actions ;

  • Communiquer le plus largement possible les résultats.

 

 

 

LE SIÈGE DE GECINA, UNE DÉMARCHE EXEMPLAIRE

 

Depuis 2011, l'association Riposte Verte accompagne Gecina sur son opération « Siège exemplaire » et réalise les bilans GES de son patrimoine. La gouvernance de la démarche a été confiée à Stéphane Carpier, directeur technique de la foncière, par ailleurs premier patrimoine de bureaux en France. Au sein du comité de pilotage, les principaux services sont représentés, notamment les moyens généraux qui déclinent la majorité des actions.

 

Les collaborateurs et les entreprises partenaires sont impliqués. Ces dernières s’engagent en signant la charte d’achats responsables qui promeut le développement d'actions telle que la réduction des émissions de GES.

 

Alors que pour son patrimoine Gecina ne peut influer que sur le périmètre restreint aux consommations d’énergie, sur son siège, l’action se déploie à travers un périmètre élargi. L’empreinte carbone est ainsi mesurée pour de nombreux domaines dont la restauration et la flotte automobile qui a vu ses émissions de CO2 se réduire de 10 % en 12 mois.

 

 

Profil d'émission du siège de Gecina en 2014 avec marges d'erreur - en téqco2

 

 

Premier consommable de bureau, la papier ramettes est issu de fibres recyclées (économie immédiate de près 50 % d'émissions de GES) et l'installation d'un système de badge a réduit la consommation globale et les émissions de GES, ces dernières de 19 tonnes de CO2. Une économie supplémentaire de 3,5 tonnes vient de la conception et du paramétrage des machines.

 

En 5 ans, le gain sur les consommations d'énergie a réduit de 28 % les émissions de CO2 avec des actions complémentaires : optimisation du pilotage de la GTC ; consignes d’éclairage plus précises et corrélées aux variations hebdomadaires de la durée du jour ; extinction systématique des zones bureaux en premier jour à 12h00 ; éclairage par détection de présence dans les zones parking et techniques ; remplacement de 1 006 lampes dichroïques par des LED ; déploiement d'un système de capteurs énergétiques sur tout le bâtiment, etc.

 

Deux graphiques, tirés du Document de référence 2014 de Gecina, illustrent la baisse des émissions de GES du premier patrimoine de bureaux en France obtenue grâce à une politique ambitieuse.

 

 

 

 

Article écrit initialement pour le Guide 2016 du Génie des lieux
 


15 mai 2015
7 étapes-clés pour assainir l'air de votre bureau

UNE MAUVAISE QUALITÉ DE L’AIR INTÉRIEUR COÛTE CHER : LES ÉQUIPEMENTS DEVIENNENT PLUS GOURMANDS EN ÉNERGIE, LES SALARIÉS SONT MALADES ET S’ABSENTENT, D’ÉVENTUELLES DÉPENSES D’INVESTIGATIONS ET D’ANALYSES S’IMPOSENT EN CAS DE PROBLÈME… L’IDÉAL EST DONC DE S’INSCRIRE DANS UNE DÉMARCHE PROACTIVE, POUR ÉVITER TOUT PROBLÈME ET QUE CHACUN PUISSE RESPIRER UN AIR PUR AU BUREAU.

 

1. FORMALISER LA DÉMARCHE

La nomination d’un « référent  QAI », qui se forme sur le sujet,  organise les actions préventives  et est identifié par les acteurs,  peut se révéler être un  atout de taille. Mais surtout, certaines  mesures visant à offrir la  meilleure qualité de l’air intérieur  possible doivent être  étudiées. 

 

 

2. ENTRETENIR SES ÉQUIPEMENTS

La première piste à suivre pour  offrir une bonne qualité de l’air  intérieur à ses collaborateurs est  de garantir un renouvellement  d’air optimal. Pour cela, on peut  bien sûr aérer en ouvrant les  fenêtres tôt  le matin ou en toute fin de journée  pour éviter les pics de circulation. Mais l’apport d’air  filtré qu’il faut privilégier.  Pour  cela, il est primordial d’entretenir  convenablement ses systèmes  d’aération et de ventilation.  La première étape est de  dépoussiérer les conduits en fin de  chantier, avant la mise en route  des systèmes. Par la suite, il est important de  nettoyer les filtres d’entrée et de sortie et de vérifier le bon fonctionnement  du système chaque  année. Pour le dépoussiérage  des réseaux aérauliques, la fréquence  à envisager est tous les  cinq à sept ans selon les cas. Faute de cette prévention,  les conséquences en  sont très visibles avec  les risques que cela implique en  termes de santé, comme de surconsommation  énergétique. Sans oublier qu’un réseau de climatisation encrassé est un facteur de propagation en cas d’incendie. Un simple coup de chiffon à l’extérieur d’un diffuseur ne suffit pas !

 

 

 

3. CLOISONNER INTELLIGEMMENT

Lorsque l’on cloisonne un plateau, pour créer une salle de réunions par exemple, il ne faut pas oublier de regarder le positionnement des aérations. On voit encore trop souvent une entrée d’air dans une pièce et une sortie dans l’autre, après un réaménagement... Pourtant, faut-il le rappeler, en France, l’apport d’air neuf est réglemente. Dans les locaux classiques (à pollution non spécifique), le Code du travail exige 25 m3/heure/occupant, 30 pour les locaux de vente, de restauration et de réunion, 45 pour les ateliers et locaux avec travail physique léger et 60 pour les autres (cf. Article R232-5-3).

 

 

 

4. ACHETER SAIN

Depuis janvier 2012, les fabricants doivent afficher les niveaux d’émission en polluants volatils de tous les nouveaux produits de construction et de décoration sur une étiquette affichant une « note » allant de A (très faibles émissions) à C (fortes émissions). Des milliers de références (peintures, papiers peints, parquets, moquettes, vernis, colles, adhésifs…) renseignent ainsi leur niveau de toxicité. Il est important d’afficher ses exigences en la matière dans ses appels d’offres en cas de travaux notamment. Mais le donneur d’ordres peut également le faire au moment de l’achat de tout élément en contact avec l’air intérieur : matériaux, équipements, aérosols… et mobilier. Les éléments d’ameublement sont en effet potentiellement à l’origine d’importantes émissions. Mais l’absence d’étiquetage prive de repère. Pour y pallier, certains fabricants font certifier une partie de leur gamme avec des labels étrangers (Green Guarde pour Haworth ou Indoor Advantage Gold pour Steelcase par exemple). Il est aussi possible de consulter les fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) de ces derniers pour en savoir plus sur leurs émissions potentielles.

 

 

5. NETTOYER PROPREMENT

Autres types de produits devant retenir l’attention : les produits d’entretien. En effet, la direction des risques chroniques de l’Ineris a notamment relevé la présence de formaldéhyde dans 9 produits ménagers testés sur 10. Et les mesures effectuées en conditions réelles ont montré que l’application de mousse au sol génère des concentrations conséquentes de limonène et des particules fines. Pour limiter les émissions dont les produits d’entretien sont à l’origine, certains prestataires proposent des solutions sans chimie, telles que l’électrolyse. Et pour ceux qui ne voudraient pas aller jusque-là, la première chose à faire est de privilégier les produits les plus neutres. Une expérimentation de l’impact réel des produits d’entretien sur la qualité de l’air dans les espaces de bureaux menée dans le cadre du projet européen Officair a permis de démontrer qu’en privilégiant des produits d’entretien contenant très peu de COV et sans parfum, on abaisse de manière significative les concentrations de polluants du type « déhydes » (comme l’aldéhyde) qui irritent les voies respiratoires.

 

 

 

6. SENSIBILISER LES OCCUPANTS

Une bonne QAI dépend aussi des habitudes et attitudes des occupants. Qualité de l’air intérieur, renouvellement d’air, température et hygrométrie sont intimement liés. Chaque fois que l’on touche à l’un de ses paramètres, on influe sur tous. Il est donc important de respecter des règles. Pas question de pousser une clim ou un radiateur à fond sans que cela ait des conséquences. Par ailleurs, il faut veiller à ce que les bouches d’aération ne soient pas obstruées par des piles de dossiers ou des cartons par exemple. Pire, on n’imagine pas ce que l’on peut trouver dans les gaines d’aération ! Papiers et autre détritus jetés, nourriture camouflée, bouteilles de vin mises à refroidir... autant d’attitudes déplorables qu’il faut combattre par l’information. Pas question non plus de laisser installer des petits systèmes de climatisation ou de chauffage personnels dans les bureaux. Sans même parler de la consommation énergétique, ces systèmes ne sont pas du tout entretenus et donc potentiellement nuisibles  

 

 

7. OUBLIER LES PLANTES DÉPOLLUANTES

En laboratoire, sous des conditions contrôlées, certains végétaux ont démontré leur capacité à éliminer des polluants gazeux présents dans l’air intérieur. Mais dans les espaces réels (avec de faibles concentrations de polluants, des mélanges de substances, de la ventilation, un important volume d’air à purifier…), elles ont bien de nombreuses vertus (augmentation de la productivité, diminution du stress, amélioration du bien-être...), mais pas celle de dépolluer ! 

 

Merci à Sophie Distel pour cet article, paru initialement dans Arseg Info

 


06 mar 2015
Illustrer sa politique RSE grâce à une politique papier ambitieuse

LES LEVIERS CLASSIQUES TELS QUE LA BAISSE DE LA CONSOMMATION, LA SENSIBILISATION DU PERSONNEL À L'EMPREINTE ÉCOLOGIQUE ET LA CONFIGURATION DES COPIEURS ONT ÉTÉ ACTIVÉS ? VOICI COMMENT ALLER PLUS LOIN DANS L'OPTIMISATION DU POSTE PAPIER DE VOTRE ENTREPRISE.

 

"Il faut mettre en place une vraie politique papier, assène Valéry Hergott, directeur de l'association Riposte Verte. C'est-à-dire une stratégie globale qui va se décliner dans tous les services de l'entreprise, sur tous les sites, et pas seulement au siège social où se concentrent les postes administratifs, gros consommateurs de papier."

 

Deuxième point fondamental pour cette association qui accompagne les entreprises dans leur politique environnementale, établir un suivi de cette politique papier, en nommant un ou des référents chargés de l'analyse de cette stratégie globale sur le long terme. Riposte Verte a d'ailleurs développé un outil, le Baromètre PAP50, qui permet d'établir un diagnostic et de suivre la progression des entreprises sur plusieurs années. Alors comment mettre en place une vraie politique papier? La réponse en cinq points.

 

 

1. ÉLARGIR LE REPORTING À TOUTES LES RESSOURCES PAPIER

Diminuer le nombre de feuilles A4 imprimées ne suffit pas. Il faut aussi s'intéresser aux autres papiers, qui "représentent entre 20 à 30 % des papiers bureau", estime Valéry Hergott. Enveloppes, pochettes cartonnées, papiers destinés à la communication externe... Autant de postes sur lesquels il est possible de gagner encore des marges de manœuvre et qui doivent faire partie de la stratégie papier de l'entreprise. Valéry Hergott conseille ainsi de "se fixer des objectifs et d'avoir de vrais reportings sur toutes les consommations".

 

 
 

2. SE METTRE À LA (BONNE) PAGE

Autre mesure à mettre en œuvre quand on cherche à optimiser ses achats papier : privilégier un papier standard, avec un grammage inférieur. Un choix qui permettrait de diminuer sa consommation de 14 %, pour un rendu qualitatif quasiment identique. Face aux logiques de rentabilité de leurs clients, les papetiers ont en effet dû adapter leurs produits, en proposant un papier de 75 g/m², voire 70 g/m² à la place du classique 80 g/m². Et ce, sans perdre en qualité. "Malgré cette diminution, nous sommes parvenus à garder une tenue de papier, "une main", plus intéressante qu'auparavant", détaille Jean-Claude Auffret, responsable achats secteur papeterie chez Bruneau, spécialisé dans les fournitures de bureau. Preuve de cette tendance, dans un marché hyper tendu "le grammage à 75 g/m² connaît une progression d'en moyenne 8 à 10 %", observe le fabricant.

 

Pour faire baisser encore ses coûts liés au papier, l'autre bonne astuce consiste à privilégier un produit unique. Fini le temps où l'on pouvait choisir son papier près du copieur. Un papier standard évite le gaspillage. "Aujourd'hui, les papiers sont tous de bonne qualité et respectueux de l'environnement. Les nombreuses normes, écolabels et certifications prouvent qu'il y a une véritable prise de conscience des fabricants", note Stéphane Courtot, président France du distributeur de papiers et de solutions d'emballage Antalis.

 

 

3. OPTER POUR LA MUTUALISATION

Pour faire jouer la concurrence, et proposer un vaste choix de fournisseurs et donc de produits, à moindre coût, la grande tendance est au groupement d'achats, tant dans le public que dans le privé. C'est le cas de l'UGAP. Ses clients, des milliers de clients publics, allant des ministères aux communes, "bénéficient de prix très préférentiels tout simplement parce que nous leur demandons des volumes représentant des millions d'euros et qu'il y a une remise en concurrence régulière", relève Wilfried Boudas, directeur achats de la centrale.

 

Les clients de l'UGAP ont aussi la garantie d'avoir des produits confor­mes aux politiques publiques, tant en termes de respect de l'environnement que de grammage. Dans un marché très tendu, les fabricants de papier ont dû adapter leurs gammes à cette massification des achats pour répondre aux exigences de leurs clients. "Nous avons aussi dû revoir nos prix", avoue Raoul Santos, responsable grands comptes chez Bruneau.

 

 

4. OPTIMISER AUSSI SES SYSTÈMES D'IMPRESSION

Impossible de parler optimisation des achats papier sans prendre en compte le poste impression. La vraie bonne idée, selon Frédéric Métaireau, responsable administratif et d'exploitation à la Confédération générale des Scop, c'est de réaliser un audit de son parc impression afin de vérifier s'il est en adéquation avec ses besoins. Pour mener cet audit, la structure, qui représente 2500 sociétés, a fait appel à un cabinet conseil. "En plus du diagnostic réalisé, le cabinet CLB avec qui nous avons travaillé, nous a permis de réaliser de belles économies, en proposant des machines à des prix ultra compétitifs", résume le responsable.

 

 

Aujourd'hui, la Confédération générale des Scop, qui a renouvelé entièrement son parc, estime avoir dépensé quasiment 70 % de moins que le coût initial. Un bon investissement. Car couplée aux préconisations organisationnelles du cabinet sur l'utilisation des copieurs, cette solution permet de réduire le coût du poste papier sur le long terme. Autre idée qui a fait ses preuves : faire disparaître les imprimantes personnelles. L'UGAP a intégré ce paramètre dans sa politique papier. "Moins de copieurs, quasiment aucun en couleurs, un réglage systématique des machines en noir et blanc et recto verso, voilà ce qui a fait diminuer le coût des achats papier", illustre Wilfried Boudas.

 

 

5. EXTERNALISER

L'externalisation des impressions se développe également, notamment pour les entreprises ayant recours à des papiers de communication externe. L'avantage : l'imprimeur se charge de gérer les quantités, évitant ainsi la gâche. Le reprographe Electrogeloz propose d'ailleurs à ses clients de gérer leurs propres impressions et d'en suivre la consommation. Après avoir passé commande sur Internet, il édite des statistiques permettant à l'entreprise de surveiller sa consommation de papier certes, mais aussi de couleurs, les finitions... Le client peut même vérifier l'utilisation de l'impression service par service et ajuster en conséquence. Certains prestataires aident à aller encore plus loin.

 

Chez EPSA, cabinet de conseil expert en achat hors production, il est possible de diminuer non seulement ses coûts de papier, d'impression mais aussi de transport et de distribution. "Nous prenons en compte le coût total de production d'une brochure. Nous aidons notre client à optimiser le format de son produit pour éviter la déperdition de papier et lui permettre de payer moins de taxes Ecofolio", dévoile Élise Duffour, consultante en achats du groupe. Une politique papier globale qui permet de réaliser des économies au-delà de la simple consommation.

 

 

 

LE PAPIER EN CHIFFRES

1 Le papier est le premier consommable de bureau

7 Nombre de fois où un papier peut être recyclé

15 Pourcentage de feuilles oubliées près de l'imprimante

25 C'est le taux de recyclage des papiers de bureau

900 000 Tonnage de déchets papier produits au bureau

Article d'Émilie DURAND pour Décisions Achat


12 déc 2014
Qualité de l'Air Intérieur: Quels polluants respire-t-on au bureau ?

ALORS QUE L'OQAI MÈNE ACTUELLEMENT UNE CAMPAGNE NATIONALE DE MESURES DES POLLUANTS DE L'AIR INTÉRIEUR VISANT 300 IMMEUBLES DE BUREAUX, LE PROJET EUROPÉEN "OFFICAIR" DÉMONTRE L'IMPACT DES ÉMISSIONS DES PRODUITS D'ENTRETIEN.

 

"Le bureau, 2ème lieu de vie des Français travaillant dans ces espaces, moins étudié que le logement",présente des spécificités susceptibles d'avoir un impact "réel et conséquent" sur la qualité de l'environnement quotidien des travailleurs, a prévenu Andrée Buchmann, présidente de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI) le 8 décembre.

 

L'OQAI a dévoilé les premiers résultats du projet de recherche européen "Officair" qui a étudié, entre fin 2010 et 2014, les polluants présents dans l'air intérieur (aldéhydes, COV, ozone, particules fines PM 2,5…) et le confort (thermique, acoustique, visuel) de 167 immeubles de bureau - neufs ou réhabilités depuis moins de 10 ans -, dans 8 pays européens : Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Pays-Bas et Portugal.

 

Très peu d'études en matière de confort et de qualité de l'air intérieur des bureaux ont jusqu'ici été menées. Ce projet, soutenu par la Commission européenne, a réuni 13 partenaires dont le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) pour la France. Il a été coordonné par l'Université grecque de Macédoine Ouest. Une part importante du temps passé en intérieur l'est au bureau : 7 à 8 h par jour en moyenne. "La qualité de l'air qu'on y respire est donc importante", souligne l'OQAI.

 

 

QUELLES SOURCES D'EXPOSITION ?

 

Si l'interdiction de fumer en vigueur depuis 2007 a supprimé la pollution intérieure liée au tabagisme, d'autres équipements et activités peuvent émettre des contaminants chimiques et biologiques dans ces espaces. Les ordinateurs, imprimantes et photocopieurs pourraient être "une source non négligeable de composés organiques volatils (COV), d'ozone et de particules fines et ultrafines", précise l'Observatoire.

 

L'utilisation de produits d'entretien, émetteurs de COV du type alcools, terpènes, éthers de glycols, cétones, etc., est également fréquente dans les espaces de bureaux. De même, les immeubles de bureaux sont souvent équipés de systèmes mécaniques de ventilation et de conditionnement d'air. "L'impossibilité d'ouvrir les fenêtres dans les immeubles de grande hauteur conditionne le renouvellement et la qualité de l'air au bon fonctionnement de ces systèmes", rappelle-t-il.

 

Le projet européen "Officair", achevé en 2014, a mené trois phases d'enquête de terrain : 7 441 audits d'immeubles avec questionnaire, mesures approfondies de la qualité de l'air à deux saisons contrastées (du lundi au vendredi) et étude d'intervention. Selon les questionnaires, 19% des bâtiments étaient rénovés (52% pour les 21 immeubles français audités). 80% des bâtiments étaient ventilés mécaniquement (100% de l'échantillon français) et seulement 5% naturellement, tandis que 93% des immeubles étaient climatisés (76% en France). Les deux principales sources d'inconfort remontées par les usagers interrogés, quel que soit leur pays d'origine sont "l'air trop sec et le bruit", analysent les porteurs de projet.

 

Des mesures de polluants ont également été réalisées dans 37 immeubles : 7 aldéhydes, 12 composés organiques volatils (COV), dioxyde d'azote (NO2), ozone (O3) et particules fines inférieures à 2,5 μm ont été étudiés. Les mesures ont eu lieu durant une semaine en été (2012), puis une semaine en hiver (2012-2013).

 

 

 

DES CONCENTRATIONS "GLOBALEMENT FAIBLES"

 

Les concentrations mesurées dans l'air des espaces sont "globalement faibles par rapport aux valeurs de référence", indique Corinne Mandin, chef de division "Expologie" à l'OQAI. Toutefois, des concentrations en terpènes, émis notamment par les produits d'entretien sont "plus élevées" que celles des autres COV, en particulier pour le limonène en hiver, ajoute-t-elle. La qualité de l'air varie en fonction de la saison : les concentrations en formaldéhyde et en ozone s'avèrent ainsi plus élevées en été tandis que les concentrations sont supérieures en hiver pour le benzène, le limonène et le dioxyde d'azote. Les particules fines n'ont pas été mesurées dans tous les immeubles "en raison de contraintes techniques".

 

Le choix de produits d'entretien contenant très peu de COV et sans parfum permet "d'abaisser les concentrations en aldéhydes, irritants des voies respiratoires, dans l'air des bureaux", souligne Mme Mandin.

 

La phase 3 du projet consistait en la mesure d'espèces chimiques issues de la réactivité des polluants en présence dans l'air des bureaux, avant et après intervention. "Pour la première fois, ces espèces réactionnelles, pouvant être impliquées dans les phénomènes d'irritation des yeux et du nez, ont été mesurées dans des environnements de bureaux", précise l'OQAI.

 

Le projet "Officair" fournit "un premier référentiel" de qualité d'air intérieur dans les immeubles de bureaux"directement utile pour mettre en perspective toute mesure que réaliserait un gestionnaire de bâtiments",indique Mme Mandin. Ce projet rappelle la nécessité de dimensionner et entretenir "correctement" les systèmes mécaniques de ventilation et le contrôle des sources d'émission intérieures, comme les produits d'entretien.

 

 

 

CAMPAGNE NATIONALE DE MESURES

 

En comlplément, en France, l'OQAI a démarré en juin 2013 une campagne nationale de mesures de polluants dans 300 immeubles de bureaux de plus de 50 personnes. Le CSTB coordonne cette campagne.

 

L'enquête dans chaque immeuble ne dure qu'une journée. La première phase, en cours, vise à mener des mesures pour les COV, les aldéhydes, les particules ultrafines, la température, l'humidité relative et les concentrations en CO2, dans cinq espaces de bureaux différents pendant six heures. La campagne vise également à recueillir, via des questionnaires, un descriptif d'éléments techniques du bâtiment, de ses équipements et de son environnement, ainsi que la perception de confort et de santé par les occupants. Les consommations énergétiques et les composantes de la performance énergétique des immeubles sont également renseignées.

 

Selon les résultats obtenus lors de cette phase 1, une phase 2 de la campagne pourrait avoir lieu en 2016 ou 2017 intégrant des mesures plus complètes, couvrant une semaine de travail : particules, fibres, COV et aldéhydes, ozone, allergènes d'animaux domestiques, contaminations fongique et bactérienne, débits d'air extrait, niveau de bruit et niveau d'éclairage.

 

"Avec ces deux programmes majeurs que sont Officair et la campagne nationale de l'OQAI, les connaissances sur l'environnement et la qualité de l'air intérieurs dans les bâtiments de bureaux vont être considérablement étoffées", souligne l'Observatoire

 

Rachida Boughriet pour Actu-environnement.com

 

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12 oct 2014
Efficacité énergétique et usages des bâtiments tertiaires

Au titre du concours CUBE 2020 de l’IFPEB, Isabelle Moussaoui, chercheuse en sociologie, résume les grands enjeux d’usage des économies d’énergie dans les bâtiments tertiaires.

 

« Lyon, un mardi en début d’après-midi dans un immeuble de bureau récemment rénové dans un objectif de performance énergétique...

Thierry entre dans son bureau et s’installe devant son ordinateur pour terminer la rédaction d’un mémo. Il fait beau, aujourd’hui, le soleil commence à taper contre la vitre. Les stores, avec détecteur de luminosité, se ferment donc et la lumière, issue d’un mât de deux mètres de haut, s’allume. Thierry soupire et se met au travail.

Quelques minutes plus tard, la lampe, possédant un détecteur dit « de présence », qui est en fait un détecteur de mouvement, s’éteint, car Thierry est concentré sur son travail et bouge peu. Le bureau se retrouve alors dans la pénombre. Thierry commence alors à bouger les bras pour que le détecteur le repère, mais cela ne fonctionne pas. Il doit donc aller lui-même appuyer sur l’interrupteur  et se remet au travail. »

Comment en arrive-t-on à ce genre de situations dans les bâtiments tertiaires performants ?

  • Croyance forte des concepteurs dans la technologie et les automatismes ;

  • Défiance tout aussi forte envers les utilisateurs ;

  • Indicateurs de performance plus faciles à atteindre et à garantir dans une conception automatisée ;

  • Absence de connaissance des futurs occupants du bâtiment qui est rénové ou construit ;

  • Volonté de rendre visibles les innovations du bâtiment par des dispositifs ;

  • Définition prescriptive du confort (exemple la consigne de température à 19°C).

 

 

Tous ces éléments participent d’un décalage entre ce que les différents acteurs considèrent comme relevant de l’efficacité énergétique.

 

Les concepteurs et les exploitants du bâtiment se centrent sur les consommations d’énergie et une performance calculable, maîtrisable ; alors que les usagers recherchent de bonnes conditions de travail permettant la performance, ce qui suppose un environnement confortable, appropriable, ajustable.

 

D’un autre côté, parfois avec retard pour pallier des difficultés apparues lors de l’usage, les directions des entreprises mettent en place des actions « pédagogiques » pour inciter à des comportements responsables. Ces actions reçoivent là encore un accueil mitigé, allant de l’adhésion au rejet, en passant par la bienveillance ou la distance silencieuse, et les directions cherchent alors comment faire évoluer les messages pour mieux faire adhérer les salariés.

 

Plusieurs enquêtes auprès des acteurs de la conception, de l’exploitation, et auprès des usagers de bâtiments tertiaires « performants » ont permis de mettre au jour ces décalages et ces difficultés, à la fois pour les concepteurs qui ne connaissent que rarement les futurs utilisateurs des bâtiments, pour les directions des entreprises qui cherchent à impliquer leurs salariés, et enfin pour les occupants qui se retrouvent dans des bâtiments où l’objectif de performance énergétique vient parfois perturber leurs quotidien professionnel et leurs relations sociales.

 

Les occupants ayant une influence certaine sur la performance de l’immeuble où ils travaillent, un enjeu est de mieux prendre en compte les usages dans la conception, que ce soit des bâtiments eux-mêmes ou des campagnes de communication et de sensibilisation.

 

En effet, les concepteurs sont souvent réticents à prendre en compte la diversité (la « complexité ») alors qu’une analyse de l’activité des entreprises et de leurs occupants permettrait d’avoir une vision plus claire des priorités à intégrer. Quand les occupants ne sont pas encore connus, l’exploitant peut jouer un rôle de médiation entre les occupants et les systèmes techniques. Encore faut-il que les services « techniques » dépassent l’idée que la technique est bonne quand elle n’est pas « touchée » par les usagers, et dysfonctionne quand ceux-ci s’en emparent. Les salariés souhaitent s’approprier globalement leur espace de travail et pouvoir agir sur lui. C’est dans l’usage coordonné que le bâtiment vivra et sera performant, non pas dans la confrontation avec les usagers, mais bien dans l’ajustement réciproque.

 

 

L’extrait d’entretien suivant est emblématique de « l’oubli » que les automatismes doivent être « gérés » et qu’ils ne peuvent pas fonctionner tout seuls :

« On n’a pas besoin de redire tous les trois mois à un automatisme qu’il doit continuer à fonctionner comme il fonctionne, alors qu’un individu, parfois, il faut lui redire qu’il faut faire comme-ci ou comme ça. » (Interlocuteur immobilier d’une grande entreprise développant des bâtiments HQE/BBC).

 

De plus, de nombreuses études montrent que sensibilité et usage ne sont pas forcément connectés. Les salariés peuvent être sensibilisés à l’environnement et aux économies d’énergie, mais ne pas pouvoir mettre en place d’actions concrètes, compte tenu de leur situation et leurs conditions de travail. Par contre, des salariés peuvent mettre en place certaines pratiques environnementales ou d’économies d’énergie, sans être particulièrement sensibilisés, mais parce que cela répond à d’autres logiques qu’ils souhaitent développer (technophilie, santé, etc.). Les salariés peuvent également réagir sur le caractère « privé » de certaines pratiques, même sur le lieu de travail. L’employeur sera alors considéré comme illégitime à préconiser certaines actions, perçues par les occupants comme invasives.

 

Dans une entreprise anglaise, une « journée sans poubelle » pour sensibiliser aux déchets avait été organisée, mais les salariés ont été choqués de cette « invasion dans l’intimité » (Hargreaves, 2011)

 

 

Au-delà du bâtiment lui-même ou des campagnes de sensibilisation, les enquêtes montrent que les occupants vont construire leur rapport aux actions en fonction de leur rapport à leur entreprise. Selon la confiance qu’ils ont dans leur(s) manager(s), selon la manière dont ils jugent la cohérence de l’entreprise dans ses différentes actions, selon qu’ils se sentent écoutés ou pas, selon le climat social qui règne dans l’entreprise, les salariés, individuellement et collectivement, ne vivront pas de la même manière l’arrivée dans un nouveau bâtiment performant ou la diffusion d’une nouvelle campagne de sensibilisation. De plus, les actions mises en œuvre doivent prendre en compte la culture d’entreprise, dans « l’esprit » et dans les pratiques concrètes.

 

Ainsi, dans un bâtiment, il était demandé de fermer les portes la journée pour maintenir les températures dans chaque bureau et d’ouvrir les portes la nuit pour permettre les flux d’air, alors que la culture de cette entreprise conduisait à l’inverse : laisser les portes ouvertes dans la journée pour permettre les échanges informels entre collègues et fermer les portes la nuit pour des raisons de protection des informations.

 

Enfin, les salariés ont besoin d’espaces non seulement de concertation, mais de réelle négociation, car bien souvent, les démarches sont descendantes même quand elles se disent participatives, et ne laissent que peu de marges de manœuvre réelles aux salariés à la fois dans le choix de s’engager ou non:

  • dans la démarche (libre-arbitre),

  • dans les modalités d’engagement (des bonnes pratiques existent, peu écoutées),

  • et dans l’ampleur réelle de leurs décisions et de leurs actions (si les négociations ne portent que sur des points périphériques, les salariés se sentiront instrumentalisés).

     

Les salariés distinguent assez rapidement les actions de type « greenwashing » qui sont autant de contre-références dans l’engagement qu’ils pourraient souhaiter avoir.

 

Dans une entreprise étudiée, certains salariés estiment que les « grandes » décisions concernant le déménagement dans un nouveau bâtiment performant ont été prises sans eux, et qu’il était laissé à discussion uniquement des décisions « périphériques », peu importantes. Cela serait dû à un aspect bureaucratique et vertical des décisions de l’entreprise en général. Certains s’en contentent (intégrant une sorte de fatalité liée à la culture de l’entreprise), d’autres le critiquent, estimant qu’« on nous a un peu laissé croire qu’on nous laissait des marges de manœuvre » alors que « c’était ficelé, déjà ».

 

 

Une conception prenant en compte davantage les usages et les occupants, une exploitation intégrant médiation et réciproques ajustements, des actions dans le temps basées sur le volontariat et la construction d’objectifs négociés, un retour concret auprès des occupants sur les effets des actions mises en œuvre, la reconnaissance d’une responsabilité et d’une capacité d’action partagées par plusieurs acteurs (et non pas une focalisation sur la responsabilité de l’usager final), une prise en compte des besoins d’appropriation et de personnalisation des occupants, et une acceptation du libre-arbitre et d’une certaine diversité de mises en pratique, sont autant d’éléments qui permettraient une meilleure co-définition de la performance énergétique par tous les acteurs partie prenante et une réussite partagée pour son atteinte.

 

Isabelle MOUSSAOUI chercheuse en sociologie chez EDF R&D pour CUBE2020


28 aoû 2014
Travail en open-space : collaborer pour trouver le bon équilibre

L’OPEN SPACE S’EST LARGEMENT IMPOSÉ DANS LES ENTREPRISES FRANÇAISES, OÙ SEULS 40 % DES EMPLOYÉS DISPOSENT DÉSORMAIS D’UN BUREAU INDIVIDUEL. SYMBOLE D'UNE CULTURE DE TRAVAIL OUVERTE, À L'ANGLO-SAXONNE, IL PEINE À SE FAIRE UNE PLACE DANS LE CŒUR DES FRANÇAIS. ENQUÊTE.

Selon une enquête réalisée en 2011 par TNS-Sofres pour l'Observatoire de la qualité de vie au bureau (Actineo), on travaille à deux ou trois dans un espace (40 % des cas) ou dans des plateaux ouverts à quatre ou plus (14 %). Les open spaces à l’américaine ne sont pas encore la norme mais tendent à le devenir, car toutes les nouvelles constructions optent pour ce modèle d’aménagement, révèle Le Monde. 

Pourquoi un tel engouement ? Sans doute en premier lieu, pour des raisons économiques : en regroupant les salariés sur de vastes plateaux, les entreprises contournent l’explosion des prix de l’immobilier, notamment dans la région parisienne. Pas étonnant donc que la taille moyenne d’un poste de travail soit passée de 25 m² à 15 m² entre les années 1970 et aujourd’hui.

« Je n'ai pas conçu un ensemble de bureaux totalement cloisonné depuis plus d'une dizaine d'années », explique au Monde Jérôme Malet, fondateur associé de Saguez Workstyle, une entreprise d'aménagement des espaces de travail.

 

Au cours des années 2000, la France a adopté le modèle américain du bâtiment dit « épais », parce qu’il fait plus de 15 mètres de profondeur. Dans un tel espace, impossible d’élever des cloisons sous peine de priver certains salariés de la lumière naturelle : dans ces conditions, l'open space pouvait naturellement triompher.

> TRANSPARENCE BIENVENUE, OU RETOUR AU TAYLORISME ?

Le succès croissant de l’open space serait-il donc dû à ses atouts économiques ? Pas seulement. Aux yeux des managers, il incarne toutes les vertus de la communication, des échanges informels et d’une forme d’égalitarisme. Les niveaux hiérarchiques y sont en effet mélangés, même si certains patrons peuvent choisir de garder un bureau séparé. En tous les cas, l’information y circulerait mieux. Décloisonner l’espace pour libérer les idées : une sorte de « transparence » très ancrée dans la culture anglo-saxonne.

En France, il y aurait une rupture entre le consensus des aménageurs autour de l'open space, appuyé par ce discours managérial dominant, et le ressenti des salariés : pour certains l'open space n'est pas un symbole de modernité ou de transparence, mais plutôt un retour au taylorisme d’antan. Il faut dire que les premiers open spaces, nés à Londres, New York et Chicago, étaient inspirés de la salle de classe, avec un chef placé sur une estrade qui supervisait (surveillait ?) les dactylos et autres comptables, premiers « cobayes » de ce qui allait révolutionner le travail en le massifiant.
 

> OPEN SPACE, OPEN STRESS ?

Si les managers estiment que les plateaux augmentent les échanges professionnels, la plupart des chercheurs disent le contraire. Citant des études américaines, Thérèse Evette, cofondatrice du Laboratoire Espaces travail de l'ENSAPLV explique au Monde que « dans les grands espaces, la communication augmente certes en quantité mais baisse en qualité – elle donne lieu à des échanges qui sont professionnellement inutiles et qui finissent par déranger les salariés ».

Selon l'enquête TNS-Sofres, l'open space serait en effet plus difficile à vivre que le bureau individuel : seulement 63 % des salariés évoluant dans un open space se déclarent satisfaits de leur espace de travail, contre 90 % des salariés en bureau individuel.

Travailler sous les yeux de tous, toute la journée, peut également avoir un impact négatif sur les employés : le sentiment de surveillance et de compétition entre collègues et managers implique un contrôle de soi permanent et des comportements de façade, qui peuvent rapidement devenir une véritablesource d'épuisement et de stress.

« Tout le monde a besoin d'un peu d'ombre, d'un peu d'intimité, d'un peu de quant-à-soi, rappelle Danièle Linhart,sociologue du travail au Cresppa-CNRS. Il faut, dans une journée de travail, pouvoir, de temps en temps, prendre de la distance,souffler, adopter une posture de dérision ».

 

Pour finir, se concentrer dans un espace décloisonné peut également être très compliqué : conversations entre collègues, sonneries de téléphone, interruptions et cohabitation difficile entre les amateurs de climatisation et les autres. Une galère que Alexandre des Isnards et Thomas Zuber ont contribué à dénoncer dans un livre désormais célèbre : l'open space m'a tuer.

 

> UNE QUESTION D'ÉQUILIBRE

Conscients de cette insatisfaction, les concepteurs d'open spaces ont imaginé des astuces pour recloisonner en partie l’espace : « bureaux-cabines », cloisonnettes et armoires se sont progressivement fondus dans le décor, afin d’isoler les salariés qui le réclamaient. Autre nécessité : réduire au maximum les nuisances sonores en déplaçant notamment les machines bruyantes, imprimantes et photocopieuses, dans des pièces fermées.

Il ne s’agit donc plus de refuser un modèle, mais plutôt de l’adapter à notre culture qui est sans doute plus attachée à la hiérarchie et au respect de l’intimité de chacun. Il s’agirait aussi de trouver la juste mesure entre des plateaux accueillant une trentaine de personnes qui ne travaillent pas ensemble, et des bureaux rassemblant les membres d'une même équipe, dans ce second cas, le partage d'un même espace serait un excellent stimulant de la créativité.

« L'open space, s'il est bien aménagé, peut convenir à une équipe qui travaille de manière réellement collective autour d'un projet », confirme Thérèse Evette.

 

C’est pourquoi, après l’euphorie des premières années, les aménageurs d'espaces professionnels sont aujourd’hui à la recherche d'un certain équilibre :

« Nous rythmons l'espace avec des salles de réunions équipées de canapés ou de tables classiques, mais aussi avec des cafétérias et des lieux de détente comprenant, par exemple, des toboggans ou des babyfoots, explique Jérôme Malet. Ces espaces sont indispensables au bien-être, car ils créent un véritable art de vivre au bureau » 

 

En somme, il faut trouver le moyen d'humaniser l’open space, sans renoncer à un concept qui permet de mélanger des personnes qui ne se seraient probablement jamais rencontrées dans une entreprise « traditionnelle ».

Et pour écraser encore davantage les coûts, l'avenir pourrait-il être auxbureaux mobiles ? On serait porté à le croire, avec cette étude qui prévient qu'on s'achemine vers moins de 6 bureaux pour 10 salariés en moyenne, grâce notamment à un recours grandissant au télétravail... une flexibilité qui peut inquiéter, mais qui a aussi ses avantages.

Article paru sur le site RSLN

 


26 juin 2014
Prendre des mesures concrètes contre les risques psychosociaux

Les risques psychosociaux au travail peuvent affecter la santé physique et mentale des salariés. Afin d'étudier cette question, une enquête « Santé et itinéraire professionnel », publiée en avril 2014, permet de dresser une typologie des salariés selon les facteurs de risques auxquels ils sont ou non exposés.

 

Les risques psychosociaux au travail peuvent être définis comme « les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d'emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d'interagir avec le fonctionnement mental ». Le manque de reconnaissance professionnel, de fortes exigences émotionnelles liées au contact avec le public, un travail exigeant et intensif, des relations de travail difficiles sont les risques d'exposition les plus courants auxquels les salariés sont confrontés.

 

 

 

LES DEGRÉS D'EXPOSITION AUX RISQUES PSYCHOSOCIAUX

 

Le degré d'exposition des salariés aux risques psychosociaux est variable selon les emplois occupés et les situations de travail. Parmi les personnes concernées par les RPS, 52 % sont des hommes et 26 % sont âgées de 50 ans et plus. Les ouvriers qualifiés et les professions de services directs aux particuliers se trouvent plus fréquemment dans des situations d'exposition aux risques psychosociaux, tout comme les salariés de la construction, du bâtiment, des travaux publics et des services collectifs et personnels.

 

6 % des salariés déclarent travailler « toujours » ou « souvent » sous pression et seuls 3 % jugent qu'on leur demande une quantité de travail excessive. 5 % déclarent avoir été victimes d'une agression verbale de la part du public au cours des douze derniers mois, 27 % indiquent être « amenés à calmer des gens » au cours de leur travail contre 53 % dans l'ensemble de la population. Ces risques peuvent en outre se cumuler.

 

Par contre, 28 % des salariés ne déclarent pas ou peu d'expositions aux facteurs de risques psychosociaux dans leur travail. Cette catégorie de salariés bénéficie d'une forte reconnaissance dans son travail. Seuls 3 % d'entre eux estiment qu'au vu de tous leurs efforts, ils ne reçoivent pas « le respect et l'estime que mérite leur travail ».

 

 

 

LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX ÉVOLUENT

 

Le sentiment de reconnaissance, facteur de risque lié aux « rapports sociaux au travail », s'est dégradé. En revanche, les relations avec les collègues restent bonnes puisque seuls 6 % des salariés estiment ne pas avoir « de bonnes relations de travail avec leurs collègues ». Les conflits de valeur ont légèrement augmenté : 37 % des salariés signalent en 2010 devoir faire dans leur travail « des choses qu'ils désapprouvent. 15 % des salariés disent ne pas avoir « les moyens de faire un travail de qualité ».

 

Il y a davantage de problèmes de santé pour les salariés « sans reconnaissance ni soutien ». Pour ces individus, le travail occupe beaucoup de place et empiète fréquemment sur la sphère privée et familiale. Les difficultés relationnelles évoquées dans le travail ne sont par contre pas synonymes de solitude dans la vie privée.

 

Au contraire, d'autres facteurs de risques psychosociaux n'ont quant à eux que très peu évolué depuis 2007. C'est le cas des exigences émotionnelles, de l'autonomie et des marges de manœuvres. Concernant cette dernière dimension, en 2010, 15 % des salariés estiment ne pas pouvoir « employer pleinement leurs compétences », contre 13 % en 2007. La latitude décisionnelle s'améliore très légèrement : en 2007, 20 % des salariés déclaraient « dans ma tâche j'ai très peu de liberté pour décider comment je fais mon travail » contre 18 % en 2010.

 

Les données de l'enquête "Santé et itinéraire professionnel" dont sont issus ces constats favoriseront sans nul doute la mise en place de mesures concrètes pour prévenir les risques psychosociaux et améliorer les conditions de travail. Au moment où chaque employeur public doit élaborer un plan d'évaluation et de prévention des RPS d'ici 2015, ce n'est pas à négliger.

 

 

Article initialement paru sur WEKA et pour aller plus loin : Les risques psychosociaux au travail, Enquête SIP, Dares Analyses, n° 031, avril 2014


14 avr 2014
Pour une économie circulaire de la filière papier recyclé

Les opportunités d'amélioration et de dynamisation de la filière papier recyclé en France sont réelles et répondent aux enjeux environnementaux qui entourent la production, la consommation et le recyclage du papier.

 

Le papier est un support de communication issu de ressources renouvelables puisqu’il est issu en grande partie de la transformation du bois. Il tient toujours dans la vie culturelle de l’Homme une place importante.

 

Un travail important a été réalisé par la filière ces dernières années, notamment en Europe, afin de faire progresser les pratiques d’approvisionnement, de production et de transparence.

 

Nombre d’améliorations peuvent toutefois encore être réalisées. Le papier, s’il est produit sans garanties de pratiques responsables, peut avoir des impacts négatifs sur l’environnement tels que la pression sur les forêts, l’émission de pollutions chimiques et atmosphériques ainsi que la production de grandes quantités de déchets non valorisés.

 

Au même titre que d’autres secteurs, il faut donc développer un contexte favorable à la production et à la consommation responsables, tout en maximisant l’efficacité du recyclage et en encourageant les achats de papier recyclé.

 

Être contre l’usage du papier n'a pas de sens, Il faut plutôt encourager une utilisation raisonnée de papier responsable.

 

 

 

Un marché du papier globalisé : 20 % de hausse attendus d'ici 2020

 

Il apparaît important de rappeler les enjeux internationaux de la filière papier car ils sont des clés de lecture indispensables dans un contexte globalisé ou les échanges commerciaux de matière fibreuse à base de bois sont conséquents (en volume, le papier-carton est la deuxième matière la plus échangé mondialement après les métaux).

 

A l’échelle mondiale, la production et la consommation de papier augmentent et les projections font état d’une hausse de la demande en termes de fibres de 20 % d’ici à 2020, principalement impulsée par les pays d’Asie, d’Europe de l’est et d’Amérique latine.

 

Cette hausse de la demande aggravera la pression sur des régions où sont implantées de nombreuses usines et où l’expansion des capacités de production est pressentie, au premier rang desquelles l’Indonésie (Sumatra, Bornéo) et la Nouvelle Guinée, le Chili, la forêt atlantique ou encore la Russie et la Colombie.

 

Sans garanties de provenance et de fabrication, cette évolution peut avoir des impacts négatifs sur l’environnement tels que :

- conversion de forêts naturelles en plantation

- destruction de la biodiversité

- pression accrue sur les forêts et dégradation des écosystèmes

- émission de pollutions chimiques et atmosphériques

- émission de grande quantité de CO2

Le développement de plantations à croissance rapide, qui sont la principale source de matière première pour le papier, peut également poser des problèmes de nature sociale en menaçant le lieu de vie de certaines populations locales.

 

 

 

Face à ces enjeux majeurs, le développement d’une filière performante sur le recyclage et la production de papier recyclé, à l’échelle de la France, se pose en véritable alternative durable.

 

D'ailleurs, le secteur papetier est dépendant en partie des fibres vierges, une fibre de papier ne se recyclant qu’en moyenne 5 fois. Il est donc nécessaire, techniquement, d’avoir un flux entrant de matière vierge afin d’assurer le cycle de production du papier.

 

Sur cet aspect, il est nécessaire de faire une distinction importante entre les fibres vierges présentant des garanties environnementales face à celles pouvant présenter des risques. Une fibre de papier peut en effet provenir d’une forêt ou d’une plantation bien ou mal gérée.

 

A ce jour, le schéma de certification forestière FSC (avec audit par tierce partie) est le plus abouti et le plus solide pour garantir une bonne conservation de l’écosystème forestier. De ce fait, les fibres vierges alimentant le circuit de production du papier doivent être certifiées FSC.

 

L’importation de fibres vierges n’est donc pas nécessairement synonyme de risques environnementaux sur la fibre elle-même (sans traiter ici du sujet lié notamment à l’empreinte carbone).

 

En France, de fortes disparités selon les catégories de papier

 

Bien que la France enregistre globalement un recul de sa consommation de papier graphique depuis plusieurs années, notamment depuis le début de la crise financière, son empreinte écologique globale liée à la consommation de papier reste forte et peut être améliorée, comme cela apparaît dans les études PAP50 réalisées par Riposte Verte et le WWF France.

 

Le bilan du recyclage en France reste lui plus que préoccupant. Seuls 15 % du papier de bureau sont recyclés, et le taux de recyclage sur le territoire reste bas, avec seulement 49 % des papiers et cartons recyclés.

 

A la vue des outils à disposition et des acteurs en place dans le secteur de la filière papier, cette situation est presque inconcevable et n’a aucun sens d’un point de vue environnemental et économique.

 

En sus, il est nécessaire de bien faire la distinction entre les différentes catégories de papier, ainsi que l’usage de fibres recyclées selon les catégories de papier, afin de bien comprendre où se situent les plus grand enjeux. En effet, il existe des types de produits papier dans lesquels on retrouvera un pourcentage de fibres recyclées plus ou moins significatifs (comme l’illustre le graphique ci-dessous, extrait du PAP50 2010). Les performances par catégorie sont depuis restées quasi similaires.

 

 

 

La catégorie dite des « papiers graphiques » est donc celle sur laquelle les efforts de recyclage et de réutilisation de la fibre doivent être concentrés, pour deux raisons principales :

 

1. Comme évoqué plus haut, c’est une catégorie qui connaît un gros déficit quant à l’efficacité du recyclage (seuls 15 % du papier de bureau sont recyclés, alors qu’il est composé en quasi-totalité de papier graphique).

 

2. Le papier graphique, par exemple le papier ramette, possède une valeur qualitative supérieure aux autres types de produits qui permettra de produire à nouveau du papier de bureau blanc mais également des produits d'hygiène et certains papiers d’emballage.

 

La production de papier recyclé de qualité ne pourra se faire sans adjonction d'intrants en forte quantité qu’à base d’un papier graphique blanc ayant déjà un haut niveau de qualité technique.

 

Il existe des opportunités très importantes autour de l’amélioration et la dynamisation de la filière recyclage du papier en France afin de répondre aux enjeux environnementaux qui entourent la production, la consommation et le recyclage du papier.

 

Les pistes d’amélioration sont heureusement nombreuses et connues

 

1. La technologie papetière présente en France à l’heure actuelle permet tout à fait de produire du papier recyclé d’une qualité (blancheur/"imprimabilité") équivalente à celle d’un papier vierge. Il est donc important de « briser » les idées reçues et d’expliquer la réalité des choses, notamment à travers une communication efficace autour du sujet.

 

2. A la vue des expériences menées dans le cadre des études PAP50 notamment et des échanges avec les collecteurs spécialisés, la collecte en flux dédié, avec un pré tri, permet de réduire les coûts en centre de tri grâce à la suppression du "démélange" et à la diminution des refus de tri. Elle présente donc le meilleur ratio de recyclage en fin de chaîne.

 

3. Si la mise en place de l’éco-contribution différenciée est à saluer et à soutenir, son renforcement (annoncé) est indispensable pour rendre de plus en plus intéressant l’achat de papier recyclé dans le futur (augmentation progressive de l’ampleur des modulations des éco-contributions et élargissement aux secteurs exemptés actuellement, presse magasine et édition ainsi qu'une trop large partie des acteurs publics.).

 

4. Il est nécessaire de réaffirmer le rôle exemplaire attendu de l’État, qui doit largement favoriser le papier recyclé, se fixer de nouveaux objectifs ambitieux et se donner les moyens de les atteindre.

 

 

 

5. La logistique inversée apparaît cohérente et pertinente à la vue des enjeux de valorisation, notamment, du papier graphique et de la difficulté d'accéder au gisement des TPE/PME.

 

6. Sur la dimension « marketing », il existe entre autres deux groupes de travail mis en place dans le cadre de la discussion autour de l’affichage environnemental en France. Ces groupes, pilotés par la plate-forme ADEME/AFNOR, s’intitulent : « GT8 papeterie » et « GT Méthodologie ». Au sein de ces groupes est toujours discutée la pertinence de mettre en place un « indicateur biodiversité » qui permettrait d’apporter une information sur l’impact d’un produit sur la forêt.

 

Prenons l’exemple d’un cahier 100 % recyclé. A travers cet indicateur, son niveau d’impact sur la forêt sera considéré faible et le consommateur en sera informé à travers l’attribution d’une note reflétant un bon niveau de performance. A contrario, un cahier 100 % fibres vierges sans aucunes garanties verra sa note dégradée.

 

Bien que l’existence d’un indicateur biodiversité apparaisse comme légitime pour beaucoup des parties prenantes consultées, sa validation de principe, notamment par l’ADEME, pourrait ne pas avoir lieu. Cela voudrait dire que pour les produits papier, l’impact de l’extraction de la fibre sur la forêt sera mis de côté, l’affichage ne se concentrant que sur les autres aspects tels que le CO2 ou encore l’eutrophisation, ce qui constituerait un oubli majeur.

 

Il faut donc souhaiter la mise en place d’un indicateur biodiversité, qui permettra une approche cohérente dans l’estimation des impacts environnementaux, tout en valorisant notamment les produits issus du recyclage.

 

7. Afin de mieux valoriser les gisements « difficiles d’accès » il est important de favoriser un maillage important sur le territoire de structures de proximité, généralement de l’économie Sociale et Solidaire (ESS) qui seront capables d’assurer la collecte dans des endroits jusqu’ici peu valorisés.

 

8. Au-delà de cela, n'oublions pas que la dynamisation de la filière recyclage s’accompagnera de manière certaine de créations d’emplois non délocalisables, synonymes d’une vraie boucle vertueuse et cohérente.

 

9. A un niveau plus large, il serait intéressant de considérer les opportunités et la faisabilité de voir se mettre en place un cadre législatif favorable qui favoriserait la dynamisation de la filière recyclage, notamment à travers une obligation de recyclage pour les gros générateurs de papiers graphiques ou en donnant la préférence nationale aux vieux papiers.

 

 

CET ARTICLE EST TIRÉ DE LA NOTE DE SYNTHÈSE QUE RIPOSTE VERTE ET LE WWF FRANCE ONT REMIS AU DÉPUTÉ SERGE BARDY LORS DE LEUR AUDITION DU 18 MARS 2014 AU PARLEMENT SUR LE DÉPLOIEMENT DE L'ÉCONOMIE CIRCULAIRE DANS LA FILIÈRE PAPIER RECYCLÉ EN FRANCE.


14 mar 2014
Quelle gestion de l'énergie au bureau ?

Riposte Verte mène depuis plusieurs années des enquêtes sur les écopratiques au bureau, notamment sur l'énergie. Pour la dernière édition menée en fin d'année avec GreenIT.fr, nous vous livrons les résultats en exclusivité.


2/3 des entreprises n’ont pas de véritable politique énergétique

Le premier constat est plutôt alarmant : près des deux tiers des organismes sondés n'analysent toujours pas régulièrement leurs factures (30 %) et / ou n’ont aucune idée de leur consommation électrique (33%). Or, comme le disait Lord Kelvin, « on ne peut améliorer que ce que l’on sait mesurer ». La base même d’une politique énergétique efficace passe par l’élimination à la source des consommations superflues. Il reste donc encore du chemin à parcourir… D’autant que, malgré une légère hausse (+6 %), l'approvisionnement en énergie renouvelable reste faible avec seulement 9 % des organismes sondés qui déclarent y avoir recours.

 

 

 

7 entreprises sur 10 régulent efficacement le chauffage

Du côté de l’éclairage et du chauffage, l’adoption de bonnes pratiques progresse. Si l’éclairage d'un poste de travail sur deux n'a pas été passé en revue pour adapter puissance et technologie, la moitié des bureaux sont majoritairement équipés d’ampoules basse consommation et 16 % en sont équipés à 100 %. Côté chauffage, premier poste de dépense énergétique au m2, 69 % des organisations le régule de façon globale avec un thermostat programmable ou des robinets thermostatiques. Mais la sensibilisation des utilisateurs pour être améliorée.

 

Les ordinateurs utilisés en moyenne plus de 4 ans

Concernant les équipements informatiques et télécoms, le geste le plus efficace pour réduire les impacts environnementaux (gaz à effet de serre et déchets radioactifs) liés à la consommation d’énergie consiste à allonger leur durée de vie active. L’énergie utilisée pour fabriquer un ordinateur portable émet en effet environ 100 fois plus de gaz à effet de serre qu’un an d’utilisation en France (77 fois plus pour un iPad et environ 70 fois plus pour un desktop). On note une progression dans ce domaine avec 55 % des entreprises qui conservent leurs ordinateurs entre 4 et 5 ans et 29 % plus de 5 ans. C’est un signe très encourageant !

 

Personne ne sait combien consomme son PC

En revanche, 96 % des répondants ne connaissent pas la consommation de l'ordinateur sur lequel ils travaillent. Et parmi ceux qui avancent des chiffres, certaines réponses sont totalement loufoques avec par exemple un PC qui consomme 7 500 kWh par an, soit l’équivalent de 150 ordinateurs portables ! Pour rappel, la fourchette moyenne, pour un matériel bien paramétré et éteint le soir, se situe plutôt entre 200 kWh par an pour un ordinateur de bureau et son écran de 22 pouces ou inférieur et 25 à 50 kWh pour un ordinateur portable de 15 pouces ou inférieur.

 

Comme pour l'éclairage et le chauffage, les bonnes pratiques pour gérer les équipements informatiques ne sont pas suffisamment communiquées avec, en complément, des consignes claires et adaptées (au matériel, à l'usage, etc.). Seule une organisation sur trois donne des consignes pour l'utilisation du matériel informatique (36 %). En conséquence, les utilisateurs n’optimisent pas la mise en veille et l’arrêt (ou mise en veille prolongée) de leur poste de travail.

 

Impression : les bonnes pratiques se généralisent mais le nombre d’impressions stagne

On sent que le dossier impression est plus mature. 96 % des personnes interrogées ont accès à une imprimante multifonction en réseau (MFP) et seulement 15 % possède encore une imprimante individuelle. Cependant, malgré tous les efforts faits ces dernières années (consolidation, recto-verso, etc.) la moyenne plafonne à 30 pages imprimées par jour et par salarié, soit une stagnation sur les 3 dernières années. La mise en veille des MFP pourrait aussi être optimisée car seulement un copieur sur trois ne se met pas en veille automatiquement entre deux utilisations et seul un tiers du parc est éteint le soir.

 

Les pressions économiques et légales vont accélérer le mouvement en 2014

Les résultats de cette enquête montrent que toutes les organisations ne gèrent pas encore sérieusement l’énergie. Une industrialisation de la démarche et des efforts de sensibilisation s’avèreront encore nécessaires dans les années à venir pour faire plus d’économies. Heureusement, entre la hausse de 30 % du coût de l’énergie prévue d’ici 3 ans et les obligations légales, notamment celle de réaliser un bilan énergétique pour les entreprises de plus de 250 salariés d’ici 2015, toutes les entreprises devraient s’y mettre sérieusement dès cette année.

 

Patrice BESNARD

Président

 

Association Riposte Verte

 

 

* enquête menée en ligne en décembre 2013 auprès de 841 personnes avec 564 réponses validées. 55% sont des entreprises privées, 34 % des entreprises ou des services publics, 11 % des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS). Tous les secteurs d’activité sont représentés avec, pour le privé, une prédominance du service aux entreprises et de l’industrie. Près de 40 % sont des entreprises de moins de 50 salariés (dont la moitié de moins de 10 salariés), 20 % de 51 à 250 salariés et 41 % de plus de 250 salariés.

 

 


06 déc 2013
12 bonnes raisons d'engager une politique papier au bureau

Dans leurs bâtiments tertiaires, les entreprises surconsomment le papier sans en avoir (vraiment) conscience et, du fait de leur inaction, ne profite donc pas des nombreux avantages sociétaux d'une politique papier ambitieuse.

 

Au niveau mondial, nous consommons plus de 400 millions de tonnes de papier/carton par an (1), c'est plus de 10 tonnes par seconde ! Depuis 2001, cette consommation a  progressé de plus de 20 points (+ 5,5 pour l'UE) et les projections sont inquiétantes car elles font état d’une hausse de 20 % d’ici à 2020. (2)

Au niveau de l'hexagone, un employé de bureau en consomme en moyenne 94 kg/an dont 55 kg de papier ramette (3). C'est l'équivalent de 22 ramettes ou de 50 feuilles/jour.

Toujours en France, ce sont 200 milliards de pages qui sont imprimées chaque année, soit 40 000 par minute (4) et pour une organisation de 100 personnes, le papier représente un budget pouvant aller jusqu'à 25 000 euros par an. (5)

 

Des coûts environnementaux cachés (Bois, Énergie, Eau et GES)

 

Cette (sur)consommation de papier a de nombreux coûts environnementaux. Les enjeux sont notamment liés à la déforestation. En 2011 en France, 76 % du papier graphique (ramettes, cahiers, livres…) sont toujours importés, alors qu’il existe une menace de voir ce papier provenir de zones à risque de déforestation.

 

Cette photo d'une zone de déboisement en Indonésie rappelle l'importance des forêts comme réserves de 80 % de la biodiversité terrestre et comme puits de carbone (entre autres).

 

Il faut donc bien avoir en tête que les forêts sont indispensables à notre survie en tant qu'espèce. Rien de moins.

 

Dernière info sur les enjeux liés à l'exploitation du bois pour la fabrication de pâte à papier : pour fabriquer une ramette de papier de bureau issue de fibres vierges (2,5 kg), il faut plus de 7 kg de bois (6). Cette industrie consomme d'ailleurs tellement de bois que 40 à 50 % des volumes de coupes dans le monde servent à fabriquer du papier. (7)

 

De plus, l’industrie papetière même si elle a fait des efforts en Europe consomme tellement d'énergie qu'elle est la 5ème plus grosse industrie consommatrice d’énergie au monde. (8)

 

Fabriquer du papier nécessite aussi d'énormes quantités d'eau : 130 litres par ramette pour reprendre mon exemple d'une ramette. (9)

Et enfin, dernier impact environnemental, et non des moindres, la production d'une ramette envoie l'équivalent de 2,6 kilos de CO2 dans l'atmosphère. (10)

 

Une réglementation trop peu contraignante

 

Alors après ce rappel des enjeux liés à la production, un peu de légèreté pour vous rappeler la réglementation en matière de traitement des déchets de bureau.

Pour les entreprises tertiaires, elle concerne principalement le papier/carton, les bouteilles plastiques, les canettes, les Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques (DEEE), les ampoules, les piles et dans une moindre mesure le verre.

Sans rentrer dans les détails, il est important de se rappeler que le producteur de déchets est responsable de leur traitement  jusqu'à leur élimination qui se fait, bien évidemment, hors de ses bâtiments.

Parmi ces déchets, les plus nocifs, les plus polluants sont bien connus et l'importance d'un traitement spécifique est assez évident. Cela concerne notamment les DEEE, les ampoules et les piles.

Cependant, 80 % de nos poubelles de bureau sont remplies de papier (11) (et de carton) et là, les obligations légales sont moins bien connues. C'est normal, elles sont moins contraignantes.

 

Sachez tout de même que (je cite) « (...) les déchets de papier/carton ne doivent être ni abandonnés, ni brûlés à l'air libre. » et que seuls les déchets « ultimes » peuvent être admis en décharge. Normalement donc, ces déchets, même non dangereux, doivent être valorisés.

 

« Normalement », parce que dans les faits, nous savons tous qu'il n'en est rien puisque, en France, seuls 15 % des papiers de bureau sont recyclés(12)

 

L'importance du recyclage pour une économie circulaire

 

Malgré les efforts de collecteurs toujours plus nombreux, gros (Paprec, Veolia, CRDP...) et petits (ELISE, Le Petit Plus, Triethic...), ces derniers venant pourtant jusque dans le bâtiment au bureau même de chaque collaborateur, deux freins majeurs subsistent à l'émergence d'une généralisation de la boucle vertueuse du recyclage.

taux-utilisation-fibres-recyclees-papier-wwf-riposte-verteLe premier frein vient de la collecte : avec 85 % des papiers de bureaux encore détruits en décharge ou incinérés, la performance des acteurs tertiaires est préoccupante. En France, le gisement total inexploité est estimé à environ à 1.7 millions de tonnes dont 1/3 dans les bureaux. (13)

 

Le second frein est consécutif des mauvais chiffres d'achat de papier recyclé. En effet, le taux d’incorporation moyen de fibres recyclées dans les papiers d’impression écriture se situe aux environs de 10 %, alors qu’il est proche de 95 % dans le domaine du papier journal. (14)

 

C'est très bien de recycler son papier mais encore faut-il soutenir la filière et acheter du papier recyclé pour ses usages courants au bureau (et à la maison) car depuis 10 ans, ce chiffre a très peu progressé et se situe quasiment au même niveau qu'en 2000 (15).

 

Les bénéfices d'une consommation maîtrisée de papier responsable recyclé en fin de vie

Ainsi, mettre en place une politique papier en entreprise apporte des bénéfices sociétaux d'autant plus importants qu'ils sont nécessaires à une démarche de maîtrise des consommations et de collecte des papiers de bureau (responsables !).

Ces avantages, si on essaie d'en tirer une liste détaillée, concernent notamment :

- Conformité réglementaire
o « le papier doit être valorisé » ;
o exploitation du barème éco-différencié Ecofolio ;

- Bénéfices économiques
o baisse des dépenses d'achat de papier ;
o baisse des dépenses de matériel d'impression, consommables, entretien, etc. ;
o baisse des dépenses d’élimination (sélective) des déchets, sachant qu'elle coûte entre 20 et 40 € par an et par salarié. 
(16)

 

De plus, pour la société dans son ensemble, le bénéfice environnemental du recyclage s’élève entre 211 et 408 € par tonne de papier/carton recyclé en comparaison à la tonne de papier/carton éliminée par enfouissement/ incinération (17). Avantage sociétal supplémentaire donc.

- Bénéfices environnementaux et énergétiques
o un impact environnemental de l’organisation plus faible (économie d’eau, baisse des émissions de CO2, moins de déchets…) ;
o disponibilité de bois pour la filière bois énergie.

- Progrès sociaux en interne (je ne parle même pas des avantages pour les populations qui habitent les forêts préservées - Label FSC).
o davantage de cohésion à tous les niveaux de l’organisation, grâce à la fédération des équipes autour d’une thématique commune et « visible » ;
o sensibilisation des collaborateurs à une attitude « durable », particulièrement en lien avec 
une politique RSE globale ;
o avantages spécifiques de collecteurs reconnus Entreprises Adaptées.

- Avantages marketing
o meilleure image de l’organisation, tant en interne qu’auprès de ses parties prenantes extérieures : clients, usagers, investisseurs, etc. ;
o support de communication idéal pour cet engagement concret dans une démarche globale de développement durable.

J'en oublie ?

 

Sources
1-7 FAO  >  2-8-15 WWF  >  3-11 ADEME  >  4 Gartner group  >  5-14 ADEME - REVIPAP  >  6-9-10 Institut IFEU  >  12-13-16 Ecofolio  >  17 CGDD - MEDDE


04 nov 2013
Rendre opérationnelle la RSE au bureau

Depuis la loi NRE de 2001, la RSE est une notion dont se sont très bien emparés les services de communication des entreprises. Au quotidien, dans un bâtiment tertiaire, sa mise en oeuvre est par contre (encore) beaucoup moins performante.

 

Appliquée à un bâtiment tertiaire en général, et à un environnement de bureau en particulier, la notion de responsabilité sociétale (RSE) reste un concept bien flou pour neuf collaborateurs sur dix.

 

Pourtant, c'est assez simple, sans rentrer dans un débat d'experts autour de sa définition, la RSE est le développement durable appliquée au monde de l'entreprise ou au monde des Organisations et dans ce cas, on dit RSO. Et en exagérant encore un peu, en 2013 le développement durable tout le monde connait en tant que citoyen.

 

Pour prendre l'exemple du pilier environnemental, pourquoi ce lien (cette similitude) entre les écogestes réalisés comme particulier et les (mêmes) écogestes à faire en entreprise ne le sont pas ? Maîtriser ses consommations (consommables, énergie, eau, etc.), privilégier des achats durables, favoriser le réemploi/réutilisation et le recyclage...

 

Une première raison vient du manque d'identification du besoin d'implication des collaborateurs (et donc de sensibilisation/information) et les dirigeants qui veulent s'engager sans impliquer l'ensemble des salariés sont légions. Une erreur stratégique.

 

On peut également blâmer le manque de volonté « politique » d'une direction qui entend ne pas ouvrir la boîte de Pandore avec d'éventuelles réclamations sociales formulées sous l'angle d'attaque « RSE ».

 

 

Et puis, la communication interne d'entreprise sur le sujet est un art difficile. Bien souvent, en langage « corporate », la RSE, c'est « être socialement, économiquement et environnementalement responsable ». Pas étonnant donc que les neuf collaborateurs sur dix (sus-mentionnés) ne comprennent pas ce discours. Parmi eux, on retrouve tous les niveaux hiérarchiques, du dirigeant au stagiaire et s'ils ne comprennent pas ce langage, qui peut les blâmer ?

 

Pourtant, sur de nombreux sujets de RSE, ces neuf collaborateurs sur dix sont indispensables à la réussite de la démarche et doivent donc comprendre les raisons de s'engager, connaître leurs moyens d'action et, si on leur en donne les moyens, passer à l'action.

 

Pour ne rien arrangé, sur le volet environnemental toujours (le plus couramment mis en avant pour lancer une démarche), ce passage à l'action est bien souvent imaginé comme inutile et/ou difficile. Inutile car sans engagement/soutien collectif, parfois même les plus écolos en ont assez d'être vus/traités comme des vilains petits canards moralisateurs qui éteignent les lumières, récupèrent le papier, utilise un mug pour le café, etc. Et difficile car si tout le monde connait plus ou moins les « 10 écogestes à faire au bureau », on peine a trouver/hiérarchiser les 240 autres actions identifiées.

 

Or, il est très facile pour tout un chacun d'agir et les bonnes pratiques existent pour chaque niveau de responsabilité :

- Un dirigeant, après avoir lancer la démarche, allouera les moyens (humains et financiers) nécessaires à sa mise en œuvre et son suivi, (ré)orientera la politique RSE régulièrement en fonction de son évolution et de ses objectifs...

- Un directeur/responsable des Services Généraux mobilisera ses équipes pour mettre en œuvre le plan d'actions défini en comité de pilotage, facilitera la communication avec les parties prenantes impliquées à la démarche, gérera le reporting des KPI's...

- Un chef de service/manager montrera l'exemple, s'assurera que les consignes données sont respectées, fera remonter les informations nécessaires au reporting...

- Chaque collaborateur peut faire les écogestes individuels qui consistent à maîtriser ses consommations, encourager l'achat responsable, trier ses déchets...

 

Ainsi, avant même de mener une campagne de communication interne, de préférence compréhensible et basée sur des résultats qualitatifs et quantitatifs, il est nécessaire de s'appuyer sur un diagnostic et un plan d'actions personnalisées qui attribue à chacun son rôle à jouer. Une politique formalisée (claire et structurée) permet de rendre opérationnelle et performante une démarche interne que ces mêmes 90 % de collaborateurs plébiscitent une fois lancée.

 

 

 


21 oct 2013
Enquête « Énergie : Quelles (éco)pratiques au bureau ? »

En France, depuis 1986, la consommation d’électricité dans le tertiaire a quasiment doublé. Au bureau, 30 % de la consommation d’énergie – évaluée à 275 kWh/m2/an par l’ADEME - va notamment dans l’informatique et l’éclairage. D'ailleurs, aujourd'hui, nous trouvons des bâtiments tertiaires passifs mais avec une climatisation pour rafraîchir les ordinateurs et les écrans toujours plus énergivores.

 

Pourtant, toujours selon l'ADEME, des gestes simples permettent de diminuer facilement de moitié cette (sur)consommation d’énergie au bureau.

 

Pour cette raison, Riposte Verte et GreenIT.fr lancent la 3ème édition de l’enquête « Énergie : Quelles (éco)pratiques au bureau ? » et vous invite à y participer. Menée depuis 2008 dans le cadre de l’Observatoire du Bureau Responsable, elle permet (avec 3 autres enquêtes pluri-annuelles) d'assurer le recueil, l’analyse et la synthèse de données sur les politiques environnementales menées par les organisations tertiaires (entreprises, collectivités, administrations, etc.).

 

 

Cette enquête vise à remplir deux objectifs :
- évaluer l’évolution des écogestes liés à l’énergie au bureau ;
- sensibiliser les participants aux principales bonnes pratiques à mettre en œuvre au quotidien.

 

Elle traite plus particulièrement de la consommation d’énergie en phase d’utilisation mais nous ne manquerons pas de faire une analyse plus complète des résultats, surtout au regard de l’énergie grise contribuant pour l’essentiel de la dépense énergétique sur le cycle de vie complet des équipements.

 

Le questionnaire est anonyme et se rempli en moins de trois minutes.

 

Pour riposter : répondez à l’enquête !

 


14 oct 2013
Être (vraiment) écoresponsable au bureau – Part 3

Aujourd'hui, je termine la mise en ligne de l'article commandé par le Génie des Lieux pour leur prochaine publication « Performance et bien-être dans les espaces de travail, Guide des Bonnes Pratiques 2014 » en répondant à leurs 3 dernières questions :

 

Q6 : Quelle méthode et quelles étapes sont à respecter pour réussir la mise en œuvre de sa démarche ?

Pour répondre à ce besoin de hiérarchisation des enjeux et d'organisation de la démarche environnementale, la solution est tout aussi simple qu'évidente. Nous préconisons de procéder en deux temps : le premier est celui du diagnostic et de la sensibilisation des équipes, le second celui de l'action/évaluation et de l'implication de toutes les parties prenantes (internes et externes).

 

Pour faire le diagnostic, nous utilisons un outil nommé « Audit Environnement » que nous avons développé en interne et améliorons en permanence au gré de nos missions. C'est un outil basé sur plus de 250 bonnes pratiques environnementales identifiées pour un environnement tertiaire. Il balaie le fonctionnement et l'équipement d'un site (gouvernance, achats, énergie, déchets, transport, etc.) afin d’établir un bilan de situation qui in fine, apportera au comité de pilotage, pour une année de référence, une synthèse complète de l'impact sur l'environnement.

 

Parallèlement, nous sensibilisons l'ensemble des collaborateurs au développement durable et à la RSE et les faisons participer au diagnostic. Tous sont interrogés au travers d'une enquête individuelle anonyme qui nous permet de découvrir leurs pratiques réelles et leurs attentes. Cette communication interne ne s'arrête pas là car il est vital que les collaborateurs soient associés au projet avec des actions spécifiques, et tenus informés de son évolution.

 

Après 3 à 6 mois (voire parfois même 1 an) d’enquête pour obtenir ce diagnostic exhaustif, la seconde étape consiste en l'accompagnement, le coaching, nécessaire à la mise en œuvre des actions préconisées. Le but est de nous assurer que l'entreprise applique nos recommandations, alloue les ressources nécessaires, développe ses compétences en interne et in fine, s'approprie bien la démarche.

 

 

 

Il s’agit ici de challenger et suivre la performance de l'entreprise dans le déploiement de sa politique environnementale. Concrètement, nous intégrons (parfois après avoir aidé à le constituer) le comité de pilotage et lui apportons nos expertises et notre expérience. Il arrive que nous réalisions des actions préventives ou correctives mais bien souvent notre rôle consiste à soutenir les collaborateurs en charge des actions : par exemple, pour intégrer des critères environnementaux aux cahiers des charges des acheteurs, choisir un nouveau prestataire de traitement des déchets, faire connaître une solution d'économie d'énergie, etc.

 

Pour que la démarche se pérennise et soit donc un succès bénéfique pour toutes les parties impliquées (à commencer par l'entreprise elle-même), elle doit être structurée et communiquée. Ce faisant, l'implication individuelle et collective autour du projet est encouragée.

 

Adaptée aux canaux d'information de l'entreprise (réunions, intranet, newsletter, site dédié...), nous organisons une communication ciblée pour informer tous les acteurs, chacun dans son rôle et/ou sa fonction (achat, services généraux, agents administratifs...).

 

Être au cœur de la démarche, nous permet également de l'évaluer « en temps réel » ou tout au moins régulièrement. Ce besoin de suivi de la performance est indispensable pour se rassurer quant à l'utilité de ses efforts, rassurer ses partenaires quant à leurs attentes en matière d'amélioration continue et justifier de ses progrès dans l'optique d'une évaluation (ou ré-évaluation) normative. Un audit d'attribution (ou de suivi) ne peut être couronné de succès sans justificatifs de la sincérité de son engagement que sont (entre autres) les déclarations d'intention, les objectifs fixés et le suivi des plans d'actions pour les atteindre.

 

Ce rôle de coach (ou d'aiguillon) est donc tenu de façon variable selon la vitesse à laquelle l'entreprise s'approprie la gestion de la démarche, sa capacité à rester concentrée sur ses objectifs et à se donner les moyens de ses ambitions.

 

 

Q7 : Comment prenez-vous en compte le respect de l’environnement dans le cadre de vos missions ?

Depuis 2006, l'association fonctionne avec un SME qui formalise sa politique environnementale et met en œuvre un plan d'actions annuel validé en revue de direction. Nous réalisons également notre Bilan Carbone depuis 2010 et sommes fiers de nous prévaloir de la marque EnVol délivrée par AFNOR Certification (initialement accessibles aux seules entreprises privées, nous avons milité pour que cette marque soit aussi accessible aux associations et sommes la première à l'avoir obtenue).

 

Pour notre démarche sociétale, nous appliquons les principes de la norme ISO 26000 et sommes reconnus « Entreprise Solidaire » par la DIRECCTE et la Préfecture. En complément, nous avons reçu le Prix Agenda 21 en 2008 et plusieurs projets le label Agenda 21.

 

Plus d'infos : http://www.riposteverte.com/nos-engagements

 

 

Q8 : Où trouver les principaux textes de références ?

Normes ISO 14000 : https://www.iso.org/fr/iso-14001-environmental-management.html?=

Norme Française Bâtiments tertiaires - Démarche HQE Exploitation (QEP) : https://www.certivea.fr/offres/certification-nf-hqe-batiments-tertiaires-neuf-ou-renovation

Système de Management EMAS : http://ec.europa.eu/environment/emas/

Marque Envol : www.envol-entreprise.fr/

 

Bonne riposte, Cyril

 

www.riposteverte.com

 

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07 oct 2013
Être (vraiment) écoresponsable au bureau – Part 2

Aujourd'hui, je poursuis la mise en ligne de l'article commandé par le Génie des Lieux pour leur prochaine publication « Performance et bien-être dans les espaces de travail, Guide des Bonnes Pratiques 2014 »  en répondant à 2 nouvelles questions :

 

 

Q4 : Quel(s) constat(s) récurrents faites-vous ? Quel est le principal dysfonctionnement des démarches RSE?

 

Le principal constat fait avant le début d'une collaboration tient en l'appréhension des équipes dirigeantes quant à la complexité de la démarche. Nos interlocuteurs ont conscience qu'il est nécessaire d'agir sur leur mode de gouvernance, leur politique d'achat, leurs consommations d'énergie et d'eau, leur traitement des déchets (ou bien encore les modes de transport des collaborateurs voire l'impact de leur restaurant ou de leurs espaces verts) mais ne savent pas hiérarchiser les actions nécessaires.

 

Un autre constat récurrent tient à l'absence de concertation et d'implication des différentes parties intéressées. Bien sûr, une entreprise dialogue au quotidien avec son écosystème (collaborateurs, partenaires, clients, fournisseurs, administrations, etc.) mais rarement sur sa responsabilité sociétale en général et environnementale en particulier.

 

Ayant en tête ces deux constats principaux (car il en existe bien d'autres* ), nous notons que, bien souvent, il ressort des démarches débutées sans accompagnement un premier plan d'actions stéréotypé qui a du mal a être renouvelé et qui finit donc par s'essouffler rapidement, quand il ne s'arrête pas complètement au bout de quelques mois.

 

* Nos clients ont, par exemple, des appréhensions quant :

- aux coûts financiers de l'accompagnement et/ou des actions préconisées ;

- aux ressources humaines nécessaires au fonctionnement du SME à mettre en place ;

- à la politique de communication (interne et externe) à mener ;

- à la marge de manœuvre disponible si l'entreprise est installée dans un immeuble partagé avec d'autres propriétaires ou si elle est locataire de ses locaux...

 

Q5 : Pour bien faire, quelles sont les questions incontournables à poser pour atteindre les objectifs fixés ? Les écueils à éviter ?

 

Avant de se lancer dans une démarche, il est tout d'abord nécessaire de clarifier les raisons de cet engagement : nouvelles obligations réglementaires, volonté d'adapter ou de changer de business model, demande/pression d'un client important, etc.

 

De la même manière, il est également indispensable de se fixer des objectifs globaux (à court et moyen termes), de définir un périmètre d'action (géographique et d'activité) et, bien sûr de se donner les moyens/ressources (humains et financiers) pour y parvenir.

 

 

Répondre à ces questionnements permet d'adapter sa stratégie. Deux cas concrets illustreront ces propos :

 

Le premier cas concerne une agence de communication qui se devait d'obtenir une reconnaissance officielle de sa politique environnementale au plus tôt. Problème : elle n'en avait aucune ! Elle a donc fait appel à nous pour réaliser rapidement un diagnostic complet du fonctionnement de son siège (heureusement son seul site d'implantation), définir un premier plan d'actions prioritaires (notamment la mise en conformité réglementaire du traitement de ses déchets) et, au bout de 6 mois, évaluer les progrès réalisés. Le temps de monter son dossier de candidature et de le faire valider, 9 mois après le début de notre intervention, elle décrochait la marque EnVol (niveau 1 de l'ISO 14001) et rassurait ses plus gros clients.

 

Le second exemple concerne une société de services à la recherche d'un nouveau business model. Il n'était pas nécessaire dans ce cas d'agir dans la précipitation. Nous avons pris le temps de poser un diagnostic beaucoup plus large de l'activité et du fonctionnement des différents services et sites, d'interroger les principales parties prenantes et de faire le point sur les différents scénarios possibles. Le plan d'actions qui en a résulté s'étalait sur plusieurs années avec des investissements progressifs, le développement de compétences en interne et une implication forte des relations extérieures.

 

Ainsi, même si ces deux démarches se basent sur le principe de l'amélioration continue qui nous semble central dans la réussite de toute politique environnementale (et RSE en général), les priorités et le tempo donné au changement diffèrent en fonction de la stratégie identifiée en amont.

 

La semaine prochaine, suite et fin de cet article pour le Génie des lieux dans laquelle nous répondrons aux dernières questions :

Q6 : Quelle méthode et quelles étapes sont à respecter pour réussir la mise en œuvre de sa démarche

 

Q7 : Comment prenez-vous en compte le respect de l’environnement dans le cadre de vos missions ?

 

Q8 : Où trouver les principaux textes de références ?

 

Bonne semaine,

 

Cyril

 


30 sep 2013
Être (vraiment) écoresponsable au bureau. Part 1

Aujourd'hui, comme chaque lundi, se pose la question du sujet à traiter dans ce billet de blog hebdomadaire et pour une fois, grâce la commande d'un article du Génie des Lieux pour leur prochaine publication Performance et bien-être dans les espaces de travail, Guide des Bonnes Pratiques 2014 », nous en avons trois d'avance !

 

Ce cabinet de conseil édite cette publication chaque année (chaudement recommandée ! surtout la prochaine...) et nous a demandé un texte sur les pratiques responsables dans un bâtiment tertiaire. Pour « Riposte Verte, l'Association pour un bureau responsable », ça tombe plutôt bien !

 

Nous avons donc résumé en un peu moins de 15 000 signes nos missions au quotidien et plus largement notre vision d'une politique écoresponsable au bureau. Ce format, un peu lourd (malgré un meilleur référencement des textes longs) fait donc l'objet d'un léger ajustement et d'une présentation en deux messages successifs.

 

Ce premier message porte sur notre action, les enjeux et les objectifs pour une entreprise avec un cas d'étude des bénéfices pour une PME de 80 personnes (qui sert de teaser au cas d'étude n°2 traitant d'un site de 400 collaborateurs).

 

Le second présentera les principaux dysfonctionnements ou freins à la mise en place d'une politique formalisée et les pré-requis/questions à se poser avant de débuter la démarche + l'étude de cas n°2.

 

Le dernier billet traitera de la méthode et des étapes que nous recommandons de suivre pour faciliter la réussite de la démarche. Il sera complété d'une courte présentation de notre engagement en interne et de textes/références disponibles en libre accès.

 

 

 

 

Q1 : En quoi consiste votre engagement, à quel moment intervenez-vous ?

 

Riposte Verte accompagne les entreprises dans la définition et la mise en œuvre de leur politique sociétale. En appliquant les principes des meilleurs référentiels (ISO 26000 & 14001, HQE Exploitation, Bilan Carbone...), l'association vise à changer les pratiques pour assurer un fonctionnement responsable des sites tertiaires et plus globalement un développement responsable de l'activité.

 

En matière de politique environnementale, nous intervenons le plus couramment en phase de fonctionnement de l'entreprise mais aussi en amont d'un déménagement ou d'un réaménagement de site.

 

 

 

Q2 : Dans quel contexte s’inscrit votre mission, quels sont les enjeux : les vôtres et ceux de vos clients ?

 

L'importance de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) n'est plus à démontrer. Les acteurs économiques majeurs peuvent et doivent agir au quotidien pour maîtriser leurs impacts et favoriser un développement durable de nos sociétés.

 

Dans le cadre de nos missions, nous avons constaté que les règles de bonne gestion environnementale sont bien expliquées aux particuliers et imposées aux industriels mais que peu de solutions dédiées sont proposées aux acteurs professionnels du secteur tertiaire. Pourtant, en France, 70 % des actifs (source INSEE) travaillent dans ce secteur et génèrent 75 % du PIB.

 

L'enjeu majeur est donc de favoriser la prise de conscience des entreprises et leur engagement au travers d'une politique sociétale formalisée.

 

 

 

Q3 : Quels sont les objectifs possibles à atteindre (pour vous, pour votre client) ?

 

Pour répondre à cet enjeu majeur, l'association s'est fixée 3 missions principales :

- Évaluer la responsabilité sociétale des organisations tertiaires ;

- Développer des solutions opérationnelles innovantes et citoyennes ;

- Accompagner le déploiement de politiques sociétales responsables.

 

Pour les entreprises, les objectifs sont aussi multiples : renforcer les relations avec leurs parties prenantes, obtenir une reconnaissance officielle de leurs engagements, améliorer leur processus de fonctionnement, consolider leur image de marque, et parfois, même, se mettre en conformité réglementaire.

 

Lorsque ce n'est pas une volonté personnelle d'un dirigeant, une entreprise doit faire face aux attentes de ses partenaires et s'engager sur une voie vertueuse d'amélioration continue.

 

Les parties prenantes internes (collaborateurs en tête mais aussi actionnaires ou IRP) attendent que leur entreprise définisse ses valeurs de développement durable et les applique. L'objectif est donc de fédérer (avant d'impliquer) et de montrer son engagement dans la durée.

 

De la même manière, et parfois de façon beaucoup plus pressante, les parties prenantes externes (clients, collectivités locales, riverains, ONG, etc.) exigent aussi des engagements forts sur cet enjeu. L'objectif pour l'entreprise est alors de pouvoir justifier d'une reconnaissance officielle de sa démarche et de ses efforts. C'est pourquoi la démarche doit toujours se baser sur des référentiels reconnus et, notamment pour une politique environnementale, sur les normes ISO 14001, NF HQE Exploitation (QEP), la marque EnVol et le Système de Management Environnemental (SME) EMAS.

 

Pour illustrer l'amélioration d'un mode de fonctionnement, je vais prendre le cas (réel et récent) d'une entreprise qui avait pour objectif de garder sa certification HQE Exploitation et devait donc suivre très précisément sa production de déchets. En 2012, elle faisait appel à plusieurs prestataires qui n'étaient pas tous capables de lui fournir un reporting détaillé des enlèvements effectués et décida donc, début 2013, de choisir un prestataire unique, spécialiste multi-déchets tertiaires. Par cette simple action, elle simplifia la gestion de ce poste (interlocuteur unique), rationalisa la disposition des points de collecte et (cerise sur le gâteau) profita même d'une action de communication individuelle accompagnant l'arrivée du nouveau prestataire. Depuis, elle bénéficie d'un reporting hebdomadaire au kilo près sur l'ensemble de ses déchets et a pu garder sa certification.

 

Si dans ce cas précis, l'atteinte de cet objectif de reconnaissance a permis de répondre à la demande de l'organisme certificateur, d'une façon plus globale il permet de rassurer toutes les autres parties prenantes de l'entreprise et de les impliquer beaucoup plus facilement. De façon beaucoup plus concrète, c'est également un avantage indéniable lors de la réponse à des appels d'offres publics et/ou privés.

 

 

 

 

Pour illustrer les gains financiers (mais pas seulement), nous vos proposons un premier cas concret :
 
 
 
A la semaine prochaine pour la suite,
 
Valéry
 

 


02 sep 2013
Un iPhone consomme 388 kWh par an !

Non. L’infrastructure (data center et réseau) nécessaire pour fournir le contenu à un iPhone pendant un an ne consomme pas 388 kWh par an. Non. Les TIC ne consomment pas « 1 100 à 1 800 TWh/an soit, 10 % de la consommation électrique mondiale annuelle ». En fait, on n’en sait rien. Et il faudrait de nombreux mois d’étude à des spécialistes pour pouvoir sortir un chiffre fiable, surtout à l’échelle mondiale.

Un grand nombre de lecteurs et de lectrices de GreenIT.fr m’ont écrit en privé pour me demander pourquoi n’ont n’avons pas été les premiers à publier les chiffres clés repris dans cet article du Monde. Il y est notamment affirmé que « les TIC pèsent, avec 1 500 teraWatt-heure d’électricité consommée par an, pour 10 % de la production mondiale » et « qu’un iPhone consomme davantage d’électricité qu’un réfrigérateur – 361 kiloWatt-heure par an en moyenne, contre 322 kW-h ». Deux chiffres qui en jettent !

Cependant, nous avons décidé de ne pas relayer cette information, pour trois raisons :

  • d’une part, l’article du Monde ne cite pas la bonne source. L’estimation de consommation électrique d’un iPhone n’a pas été publiée par le Digital Power Group dans son étude « The Cloud Begins With Coal » en août 2013, mais par Max Luke, associé au Breakthrough Institute, dans un article citant Mark Mills, CEO of Digital Power Group ;
  • d’autre part, l’auteur du calcul, comme le démontre JG. Koomey, n’est pas sérieux. Son étude notamment est truffée d’erreurs. On ne peut que croire JG Koomey qui est le spécialiste mondial du sujet.
  • enfin, le chiffre exact détaillé dans l’article du Breakthrough Institute est de 388 kWh / an et non 361 kWh / an. Les 361 kWh / an sont extrapolés d’une estimation d’AT Kearney qui n’a rien, elle aussi de solide. Bref, c’est un véritable château de carte construit à partir de données qui ne sont pas du tout homogènes (dont le mode de calcul, le périmètre, et la fiabilité varient dans des proportions déraisonnables)

Ce qui est hallucinant, c’est que de nombreux médias français dignes de ce nom comme Les Echos et Le Monde ont repris cette information sans enquêter. La crédibilité du Times, un des premiers grands médias à avoir relayer l’information, a suffit.

Il y a déjà quelques mois, les médias français avaient repris sans réfléchir le rapport sur l’obsolescence programmée d’un pseudo organisme européen. Ce rapport était en fait un mémoire de fin d’étude d’une stagiaire propulsée ainsi spécialiste du sujet. Problème, il se bornait à compiler les cas connus d’obsolescence programmée passés à la télévision (Arte, France 2, etc.) tout en ajoutant de nombreuses contre-vérités…

L’équipe de GreenIT.fr (100 % bénévole) aimerait reprendre ces communiqués de presse sans réfléchir, comme le font les grands médias français, nous passerions ainsi plus de temps avec nos familles. Mais notre déontologie nous l’interdit et nous oblige même, comme aujourd’hui, à justifier la non reprise de ces absurdités… Drôle de monde.

un (nouveau) grand merci à Fred Bordage pour ses explications et sa prise de position bien argumentée présentes dans cet article paru sur son site GrennIT.fr que nous vous recommandons chaudement.

Cyril

 


26 aoû 2013
24/7: les ondes vous suivent (presque) partout

Les ondes sont-elles plus fortes dans le salon que dans la salle de bains ? Derrière un mur ou une fenêtre ? En ville ou à la montagne ? Un rapport, présenté lundi au gouvernement, donne un début de réponse. Explications.

 

Les ondes électromagnétiques sont difficiles à saisir. Jusqu’au Grenelle des ondes de 2009, on connaissait peu l’impact des 50 000 antennes-relais françaises qui permettent aux quelque 68,5 millions d’utilisateurs de mobiles de communiquer. Depuis, pour dissiper ce flou, plusieurs rapports ont été publiés. Ce lundi, le Comité opérationnel sur les ondes de téléphonie mobile (Comop devenu Copic) a remis sa dernière synthèse au gouvernement. Malgré les critiques de l’association Robin des toits, qui ont entraîné la suspension de sa participation aux travaux du comité en janvier, ce diagnostic guidera les politiques de réduction de l’exposition. Où et quand est-on le plus traversé par les ondes ? Quelle est la part de responsabilité des antennes-relais ? Comment y remédier ? Passant outre les soupçons des associations, le Copic donne des premières réponses. Terra eco décrypte ses conclusions.

 

- Le danger des niveaux d’exposition relativisé

Les ondes électromagnétiques en France ? Une broutille ! Si l’on considère les normes actuelles, qui fixent les valeurs limites réglementaires à 40 et 61 volts par mètre, la France est une élève modèle. De fait, dans les 16 zones d’expérimentation de l’étude, 99% des niveaux d’exposition enregistrés se sont révélés inférieurs à 2,7 V/m. Une marge qui permet au Copic de rassurer en évoquant un « niveau globalement faible d’exposition » du public. Mais si l’on prend le seuil prôné par l’association Robin des toits, qui correspond à la limitation à 0,6 V/m retenue par le conseil de l’Europe, le tableau est moins reluisant. Toutes zones confondues – urbaine, périurbaine ou rurale – 10% des niveaux d’exposition modélisés par l’étude sont supérieurs à ce seuil. Etienne Cendrier, porte-parole de l’association Robin des toits doute de la validité de ces chiffres qui, selon lui, arrangent les industriels, mais en profite pour réitérer sa demande de réglementation : « Nous voulons que les industriels soient contraints à des efforts financiers qui permettraient de combiner les exigences de la téléphonie mobile et celle de protection de la santé. »

 

 

- Quelle que soit l’heure de la journée, nous sommes exposés.

Les ondes électromagnétique ne nous laissent aucun répit. C’est l’une des conclusions de la synthèse du Copic. Qu’on soit en plein dans la tranche horaire de la frénésie de téléphonie – 18h à 21h - ou au beau milieu de la nuit, le degré d’exposition aux ondes provenant des antennes varie peu. L’écart observé est tout au plus de 30 %. « Quelle que soit l’heure à laquelle les mesures d’exposition sont réalisées, celles-ci sont toujours proches de la valeur moyenne sur une journée », constatent sans l’expliquer les auteurs de la synthèse.

 

- Ville et montagne, les zones sensibles

Le lieu par contre est déterminant. L’étude indique qu’habiter à la campagne limite l’exposition. A l’inverse, en zone urbaine, plus l’habitat est dense et moins les constructions sont modernes, plus le champ électrique est important. Ainsi, parmi les mesures effectuées sur les points les plus exposés, c’est dans les centres-villes à l’habitat ancien et dense que les niveaux maximums sont mesurés.

 

- A quelques mètres près, on peut recevoir au moins deux fois plus d’ondes

Dans le même pâté de maison, le niveau d’exposition aux ondes peut varier du simple au double. Des mesures réalisées à Alésia, dans le XIVème arrondissement de Paris, sont éloquentes. Sur la façade de deux immeubles situés sur le même carrefour, les niveaux sont de 0,6 V/m d’un côté de la rue et 1,3 V/m de l’autre, à un étage de différence seulement. L’orientation des différents faisceaux partant de l’antenne explique ces disparités. Si vous êtes dans l’un de ces axes, mieux vaut avoir une façade aveugle pour lui faire face. Un mur bloque 80 % des ondes tandis qu’une fenêtre simple vitrage n’atténue le niveau d’exposition que de 20%. Sauf si vous avez installé des vitres avec traitement athermique, utilisé pour les pare-brise des voitures. Dans ce cas, votre fenêtre vaudra un mur. Mais à l’intérieur même du logement, les écarts de niveaux sont encore plus marqués. Sauf que les antennes-relais ne sont plus les seules coupables.

 

- Wifi, radio, téléphone sans fil : les complices de l’antenne-relai.

Dans 20 % des points les plus exposés relevés par l’étude, l’antenne-relai n’est pas la principale source d’ondes électromagnétiques. La proximité d’appareils type téléphones portables, base d’un téléphone sans fil, boîtier wifi ou encore radio FM prennent le dessus. Ainsi, du simple fait de leur présence, de la salle de bains au salon, le niveau d’exposition peut tripler.

 

- Peut-on diminuer l’exposition aux ondes sans perdre du réseau ?

Le Copic estime que c’est possible. D’abord, avec des mesures d’ingénierie : en jouant sur la direction, l’inclinaison, l’emplacement ou la hauteur de l’antenne-relai. « Plus l’antenne est haute, moins il y a de chance que son faisceau principal rencontre les bâtiments », indique le rapport. Ensuite, en baissant la puissance moyenne des antennes. Sauf que, selon les signataires de la synthèse (professionnels de la téléphonie et représentants de l’État principalement), l’ambition d’atteindre l’objectif de 0,6 V/m n’est pas compatible avec le maintien de la qualité du réseau. Une affirmation que conteste l’association Robin des toits : « Cela exigerait une réglementation et un coût que les industriels ne sont pas prêts à payer », affirme Etienne Cendrier. Comme lors de sa précédente version, l’étude indique que pour baisser le niveau sans trop de dommages il faudrait installer trois fois plus d’antennes. Mais c’est sans compter l’arrivée de la 4G. L’étude indique qu’avec la généralisation du très haut débit pour mobile, l’exposition aux ondes augmenterait en moyenne de 50 %. Face à l’annonce de ce bouleversement imminent la Priartem, l’Association pour une réglementation des implantations des antennes-relais de téléphonie mobile, également auditionnée par le Copic, met en garde contre « une lecture caricaturale » qui consisterait « à ne rien faire et ne rien décider pour l’instant ».

Article d'Amélie Mougey pour Terra Eco

Cyril

 


19 aoû 2013
Greenpeace se trompe de cible

Mi-janvier 2013, l’ONG Greenpeace a réactivé sa pétition intitulée Get the internet off coal qui vise à pousser les plus gros acteurs du cloud computing à opter pour de l’électricité produite à partir de sources d’énergie primaire renouvelable.

Cette campagne laisse penser que les centres informatiques (data center) d’acteurs tels que Google, Apple, Microsoft et Amazon sont les principales sources d’émissions de gaz à effet de serre du web. C’est faux. Et même archi faux. Comme nous vous l’avons démontré il y a quelques jours, la principales sources d’émissions de gaz à effet de serre est, de loin, votre ordinateur.
 


 

Mieux vaut allonger la durée de vie de son ordinateur
Evidemment, si tous les gros acteurs du cloud computing décident de s’appuyer sur une énergie primaire renouvelable, cette action contribuera à réduire les émissions du web. C’est donc une action positive… mais marginale. En ne se focalisant que sur scope 2 (électricité consommée sur la phase d’utilisation), les internautes consomment environ 1 000 fois plus d’énergie que les data centers. Si l’on intégrait le scope 3 (fabrication des ordinateurs), le rapport serait encore plus en défaveur des internautes.

Bref, même si l’action de Greenpeace part d’un bon sentiment, elle détourne malheureusement les internautes de deux gestes bien plus efficaces :
- utiliser son ordinateur le plus longtemps possible ;
- et le débrancher physiquement lorsque l’on ne s’en sert pas.

Article de Fred Bordage paru sur (l'excellent) greenIT.fr

Cyril

 


12 aoû 2013
Le trop-plein de bureaux pourrait bénéficier au logement

Les investissements en immobilier pourraient se réorienter des bureaux vers les logements. Autre piste d'investissement : l'écoconstruction.

 

Il se construit moins de bureaux en région parisienne, mais la demande diminue plus vite encore, posant la question de l'usage des locaux vacants. Les investissements en immobilier d'entreprise en Ile-de-France ont reculé de 13 % entre les premiers semestres 2012 et 2013 et ne représentent plus que 4,3 milliards d'euros, selon l'observatoire interprofessionnel Immostat. Ce net recul s'est même transformé en un plongeon, de -30 %, au deuxième trimestre, par rapport à la même période en 2012. Sur le semestre écoulé comme sur le dernier trimestre, la demande, elle, accuse une chute de l'ordre de 20 %, note Immostat. D'après le conseil immobilier Cushman & Wakefield, ce sont les opérations supérieures à 4.000 mètres carrés qui souffrent particulièrement (-36 % contre -3 % pour les petites surfaces).

Dans ce contexte, la surproduction de bureaux menace. L'offre immédiate au 30 juin 2013 en Ile-de-France a augmenté de 3 % en trois mois. Pour Cushman & Wakefield, au total, sur l'ensemble du premier semestre, la hausse a atteint 10 % par rapport au premier semestre 2012, entraînant un taux de vacance de 7,8 % à l'échelle nationale. Ce chiffre peut même atteindre les 12 % dans les pôles tertiaires d'Ile-de-France. A l'heure même où, à l'inverse, la France subit une dangereuse pénurie de logements.

C'est dans ce contexte que début mai, Cécile Duflot - ministre du Logement - a annoncé des mesures pour favoriser la conversion d'anciens bureaux en logements, notamment en facilitant l'octroi de permis de démolition et de reconstruction pour les 4,5 millions de mètres carrés de bureaux vides existant dans l'Hexagone. Face aux doutes que les professionnels du secteur ont formulés quant à la possibilité réelle de lutter ainsi contre cette pénurie (baisse de la surface exploitable, appartements inadaptés et mal desservis), un état des lieux du parc immobilier montre que seule une réallocation de l'investissement du tertiaire vers l'habitat peut améliorer la situation.


 

Pic de l'offre de bureaux

Le surplus d'offre d'immobilier tertiaire devrait logiquement dissuader l'investissement dans ce secteur et inciter les investisseurs (voir graphique) à rediriger les montants alloués vers le logement. Et ceci afin de ne pas « creuser leur propre tombe ! souligne Antoine Derville, président du conseil en immobilier DTZ. Le marché est arrivé à maturité. Il faut maintenant concentrer les efforts financiers sur la rénovation et sur le SDRIF (schéma directeur région Ile-de-France, NDLR) qui inclut des volets transports et logement ».

Cette rénovation des bureaux vieillissants pourrait également être l'occasion de développer l'écoconstruction, conformément au Grenelle 2 de l'environnement ou à l'agenda Europe 2020 (lire ci-dessous). Bouygues Immobilier, par exemple, l'un des tout premiers constructeurs français, ne s'est pas contenté des « bureaux verts », il construit également des logements à énergie positive (qui produisent plus d'énergie qu'ils n'en consomment). C'est le cas de « L'avance », à Montreuil, ou encore de « Vert Eden » à Aix-en-Provence. Toutefois, le surcoût non négligeable du bâti écologique pour le particulier pourrait freiner la demande.

Article de H. Go. pour LesEchos.fr

 

 


05 aoû 2013
La Fabrique Ecologique : transpartisan et pluraliste

Un (gros) avantage à écouter les oiseaux gazouillés, c'est qu'ils vous apportent des nouvelles fraîches. En début d'année, j'apprenais donc qu'une nouvelle fondation, un think tank "transpartisan et pluraliste" voyait le jour. Elle portait un nom un peu catchy (comme Riposte Verte, hé hé) : La Fabrique Ecologique ! Chez RV, ça nous a tout de suite plu. Surout le retour de l'appellation "Ecologique" dans son sens pluriel, ne se limitant pas à un aspect environnemental, coin du puzzle mais pas pièce unique (j'avoue relire Charbonneau père en ce moment).

Le discours fait mouche, les objectifs et les règles définies sont bien établies, nous avons approfondies les recherches et ne trouvions toujours rien à redire à cette initiative qui veut baser son action sur des expertises complémentaires et être force de proposition réglementaire. Ca tombe bien, depuis l'entrée en vigueur du décret sur l'extinction des lumières, nous constatons que les réactions ne sont pas démeusurées et qu'une réglementation sensée ne dérange pas des gens sensés.

J'ai donc intégré le groupe de travail sur les déchets. La première séance a (presque) permis de définir un sujet pour la première note (je ne vous dis rien, je tease... mais je vous garantis son intérêt) et la seconde est prévue pour la rentrée avec une remise de la note pour la fin de l'année. Avis aux amateurs !

Et, les groupes de travail ne se limitent pas à la problématique des déchets. 7 sont déjà lancés, vous trouverez bien à partager votre expertise ! Pour vous les présenter et en guise de soutien à ce nouveau lieu de réflexion et de proposition, nous publions la première lettre d'information (pourquoi toujours dire Newsletter ? Je ne suis pas contre un peu d'anglais, d'italien, d'espagnol... whatever... mais quand cela est nécessaire, que le mot français sonne mal. Par exemple, je ne suis pas footeux mais "coup de pied de coin"... bon, je garde "corner").

Bonne lecture, bonne réflexion, bon engagement...

Cyril

Association Riposte Verte

 

Newsletter n°1

Juillet 2013



L'actu de La Fabrique Ecologique


Notre nouvelle Directrice opérationnelle 

La Fabrique Ecologique a le plaisir de vous annoncer l’arrivée de Jenny Joussemet, sa nouvelle directrice opérationnelle. Jenny a précédemment travaillé comme collaboratrice parlementaire et auprès du WWF en tant que chargée de plaidoyer. Engagée dans la cause des peuples indigènes et sensibilisée aux problèmes environnementaux, elle sera désormais chargée d’assurer le fonctionnement de la Fabrique Ecologique et de ses groupes de travail.
Contact : jenny.joussemet@lafabriqueecologique.fr – Tel : +33 (0)6 29 77 55 01
 

Le Conseil d’orientation se réunit

La réunion constitutive du Conseil d’orientation aura lieu le 9 juillet 2013. Avec près de 60 personnalités venant d’entreprises, de l’administration, du monde politique et de l’université, le Conseil d’orientation déterminera le programme d’activités de la Fabrique Ecologique et proposera différents axes de réflexion pour l’année à venir. Un compte-rendu sera prochainement disponible.
 
 
 

Les groupes de travail

Actuellement, huit groupes de travail sont en cours. Ils sont chacun chargés d’une publication.
 

La décentralisation du système énergétique : quelles priorités concrètes ?

Président : Géraud Guibert
La transition énergétique, en donnant la priorité à la demande et aux énergies renouvelables, rend nécessaire une véritable décentralisation du système énergétique. Il faut à la fois tenir compte du rôle des collectivités territoriales et des initiatives locales pour bénéficier de la nouvelle économie écologique mais aussi intégrer l’accès égal et continu à la satisfaction des besoins énergétiques. C’est bien de la refonte du modèle français dont il est question. 
 

L’agro-écologie

Présidente : Nadja Bresous Mehigan
L’enjeu de l’agro-écologie est de construire le modèle économique des filières agro écologiques et de développer les bons outils de financement, de garanties et de méthodes innovantes de contractualisation pour une agriculture performante qui réponde à la fois aux enjeux économiques, environnementaux, sanitaires et démographiques. La Fabrique Ecologique propose de travailler notamment sur une proposition spécifique concernant la création d’un organisme dédié au déploiement technique et économique qui serait agrémenté par l’Etat.
 

L’adaptation du droit pour développer la prévention et le recyclage des déchets

Présidente : Dorothée Courilleau
Il s’agit d’identifier puis de lever les freins juridiques et administratifs qui s’opposent à ce que la France devienne rapidement une référence en matière de prévention et de recyclage. Pour cela il faudra établir un bilan du droit applicable à la gestion des déchets, identifier les difficultés et les objectifs des entreprises françaises et établir des propositions opérationnelles pour adapter le cadre juridique français et européen.
 

La rénovation thermique des logements 

Président : Sébastien Delpont
80 % de la consommation d’énergie de chauffage dans le logement a lieu dans les maisons individuelles et sur ce segment, le nombre d’opérations de rénovation reste très faible. Réussir le passage à l’acte est l’objet de ce travail : comment faire que les travaux d’amélioration de la performance énergétique aient lieu, notamment dans les maisons individuelles, qui représentent l’essentiel de la consommation.
 

La résistance française à l’écologie

Présidente : Lucile Schmid
L’émergence de l'écologie ne va pas de soi, elle est source de nouveaux conflits car elle remet en cause des manières de voir, de produire, de décider. De plus, les préoccupations écologiques apparaissent souvent à court terme en contradiction avec les questions sociales et les préoccupations écologistes ne parviennent pas à prendre place durablement dans les processus de décision. L'objectif du groupe de travail est de faire des propositions pour surmonter les blocages actuels.
 

La biodiversité

Président : Yann Wehrling
L’érosion de la biodiversité est essentiellement due aux activités économiques et les leviers juridiques ne sont pas toujours un frein suffisant. « Comment peut-on faire en sorte qu’il soit économiquement nécessaire de trouver des alternatives à la destruction irréversible du vivant ? » est une des questions que ce groupe de travail pourrait se poser. La réflexion portera également sur les priorités de la future Agence de la Biodiversité et les outils opérationnels (juridiques, réglementaires, fiscaux, ...) d'une traduction des enjeux économiques liés à la biodiversité.
 

La démocratie écologique

Président : Denis Pingaud
Avec le Grenelle de l’environnement, puis la Conférence Environnementale, notre pays commence à s’habituer à la démocratie écologique, mais ses modalités et son mode de fonctionnement sont encore instables et parfois paradoxales. Un premier bilan s’impose, pour tracer les perspectives possibles. L’idée de conventions collectives au niveau environnemental pour un véritable engagement entre partenaires et ce pour aller plus loin que les expériences de « verdissement » du dialogue social, pourra être défendue.
 

Les perturbateurs endocriniens

Présidente : Pascale Mansier
 
Les experts compétents sur ces thèmes et intéressés pour travailler dans ces groupes peuvent faire acte de candidature en adressant un mail et un curriculum vitae à lafabrique.ecologique@gmail.com.
 

On en parle dans la presse !

Retrouvez tous les articles mentionnant La Fabrique Ecologique sur notre site.

 


29 jui 2013
RSE : vers une responsabilité juridique des multinationales vis-à-vis de leurs filiales ?

Trois députés de la majorité, Danielle Auroi (Europe Ecologie Les Verts), Dominique Potier (PS) et Philippe Noguès (PS), vont déposer à la rentrée parlementaire de septembre une proposition de loi visant à intégrer en droit français un devoir de vigilance et une responsabilité juridique des entreprises multinationales vis-à-vis des activités de leurs filiales et de leurs sous-traitants.

Par ce texte en cours de finalisation, les députés veulent renforcer la responsabilité environnementale et sociétale (RSE) des sociétés mères et des entreprises "donneuses d'ordre". Cette loi "permettra d'introduire une « co-responsabilité » des filiales et de leurs maisons mères en cas de violation des droits humains ou de catastrophe environnementale. Ce principe, fortement soutenu par la France aux Nations Unies et à l'OCDE, doit être transcrit dans notre législation nationale", ont souligné les députés dans un communiqué.

Le texte est "le fruit d'un travail de fond", réalisé depuis le début de la législature avec l'aide d'ONG membres du Forum citoyen pour la RSE (Amnesty International France, CCFD-Terre Solidaire, Sherpa, collectif Ethique sur l'Etiquette), d'acteurs de la société civile et de juristes parmi la Clinique de l'Ecole de Droit de Sciences Po.

La proposition de loi entend renforcer le cadre légal en faveur des droits humains et de l'environnement par les multinationales. Quatre mesures ont été proposées par les ONG pour l'élaboration de cette loi : responsabiliser les sociétés-mères, éliminer "les obstacles à l'accès à la justice" et intégrer l'action de groupe en droit français, mais aussi conditionner les investissements et les garanties des institutions financières nationales satisfaisant les exigences sociales, sociétales et environnementales, et enfin "garantir la transparence et l'accès à l'information sur les activités des entreprises et leurs impacts en matière de droits humains, d'environnement et de fiscalité". Les ONG ont appelé les parlementaires à s'engager en faveur de ces "mesures phares".

Il s'agit "d'un texte d'une grande portée qui a vocation à être soutenu par l'ensemble des forces progressistes à l'Assemblée nationale et à être proposé au débat parlementaire dans les meilleurs délais", espèrent les députés.

Rachida Boughriet pour Actu-Environnement

 


22 jui 2013
Simplifier la réglementation sur la qualité de l'air intérieur

Elle avait été mise à l'index par le rapport Lambert-Boulard sur la simplification des normes. Le Gouvernement tente une simplification de la réglementation sur la qualité de l'air intérieur mais peine à convaincre.

Le ministère de l'Ecologie a lancé le 23 juillet une consultation publique sur plusieurs projets de textes relatifs à la qualité de l'air intérieur avec pour objectif de "simplifier le dispositif de surveillance".

Il est fait explicitement référence au Comité interministériel pour la modernisation de l'action publique (Cimap) du 17 juillet dernier, bien que ni le programme de simplification présenté à cette occasion, ni le site internet dédié à cette modernisation, ne fassent mention de cette thématique. Ces mesures semblent en fait provenir du rapport Lambert-Boulard sur la simplification des normes remis au Premier ministre en mars dernier, et cité comme source d'inspiration par le Gouvernement. Le rapport avait décerné à cette réglementation le deuxième prix des normes jugées les plus absurdes.

Simplifier le dispositif de surveillance

Que prévoient les textes ? Il s'agit de "simplifier le dispositif de surveillance de la qualité de l'air intérieur dans certains établissements recevant du public, s'agissant de l'évaluation des moyens d'aération, en limitant l'exigence d'accréditation aux organismes intervenants dans les établissements disposant d'un système de ventilation mécanique", explique le ministère de l'Ecologie.

Il s'agit aussi, pour les établissements situés dans un bâtiment contigu à une installation de nettoyage à sec utilisant du perchloroéthylène, de mesurer cette substance dans l'établissement "dans le cadre de la surveillance périodique de la qualité de l'air intérieur".

Un projet d'arrêté définit également les conditions dans lesquelles les personnes qui fréquentent l'établissement sont tenues informées des résultats de la surveillance obligatoire de la qualité de l'air. Un autre précise le contenu et les modalités de présentation du rapport sur l'évaluation des moyens d'aération pour les crèches, les accueils de loisirs et les écoles. Un troisième définit enfin les conditions de transmission des résultats de la surveillance à un organisme national chargé de collecter et d'exploiter ces résultats.

Dimension simplificatrice difficilement perceptible

La dimension simplificatrice de ces propositions est toutefois difficilement perceptible. Ne serait-ce que du fait que le ministère de l'Ecologie ne propose pas moins de… six textes pour les mettre en œuvre.

Si le rapport Lambert-Boulard peut faire l'objet de nombreuses critiques, il présente toutefois le mérite de proposer des mesures radicales. En l'occurrence, il proposait d'abroger les deux décrets applicables, de ne pas prendre de nouvel arrêté et d'adopter seulement un décret d'application de la loi Grenelle 2. Ce dernier, constitué d'un article unique, aurait prévu que l'exigence de surveillance périodique de la qualité de l'air était satisfaite dès lors que… les personnels aéraient régulièrement les locaux "en ouvrant les fenêtres".

On est loin du compte : les deux décrets ne sont pas abrogés mais modifiés et quatre nouveaux arrêtés sont proposés. Cet exemple montre que la simplification des normes peut se révéler compliquée à mettre en œuvre….

Laurent Radisson pour Actu-Environnement


15 jui 2013
Loi ESS : l'acte d'émancipation d'une autre économie

La loi sur l'économie sociale et solidaire qui sera présentée en juillet en Conseil des ministres doit marquer un tournant dans la reconnaissance du secteur. Les principales dispositions sont maintenant connues et la Banque publique d'investissement vient de dévoiler les outils de financement de l'ESS qu'elle souhaite mettre en place.

« Ce sera la première fois qu’une loi porte dans son titre l’économie sociale et solidaire. C’est ce que tout le monde voulait », salue Hugues Sibille, Vice-président du Crédit coopératif. De l’avis unanime des représentants et entreprises de l’ESS, cette loi c’est « d’abord et avant tout une reconnaissance », juge Mathieu Grosset, responsable du développement de Juratri une entreprise d’insertion de 130 salariés, leader en Franche-Comté sur la gestion des DEEE. « Le fait d’avoir un débat parlementaire va apporter de la visibilité et pourrait avoir un effet levier sur d’autres politiques publiques, notamment au niveau local », espère-t-il.
 


Périmètre inclusif

A un mois de sa présentation en Conseil des ministres*, on sait déjà que le périmètre de l’ESS va être élargi dans une approche « inclusive », selon les termes de Benoît Hamon, le ministre de l’ESS. Jusque-là ce périmètre faisait l’objet d’une querelle entre les partisans de l’identification traditionnelle par les statuts (Associations, coopératives, mutuelles) et ceux qui défendaient la primauté de l’utilité sociale comme critère de reconnaissance. « Si nous voulons que l’ESS change d’échelle, nous ne pouvons pas reconnaître uniquement les statuts qui y appartiennent de droit, mais il faut s’ouvrir à ce mouvement de l’entrepreneuriat social, c’est-à-dire cette possibilité de créer une entreprise selon des principes d’utilité sociale », souligne Benoît Hamon.

Le texte de loi prévoit un certain nombre de conditions cumulatives à respecter pour être reconnue « entreprise de l’économie sociale et solidaire ». Celles-ci ont à voir avec l’exigence d’utilité sociale de l’activité, l’encadrement de la gestion des bénéfices (constitution de réserves impartageables, réinvestissement de la majorité des bénéfices dans l’entreprise, encadrement des éventuels bénéfices redistribuables aux associés) et à l’intégration de principes de gouvernance démocratique. « Cette vision inclusive et non coercitive montre que le ministre a bien compris les enjeux », adoube Claude Alphandéry, président du Think tank Le Labo de l’ESS.

Pour Christophe Chevalier, porte-parole du Coorace (fédération d’acteurs de l’insertion et de l’action sociale) et président du Groupe Archer, « plus que le secteur, cette loi reconnaît des modèles d’action économiques différents ». La loi accorde en effet de la place à toute une série de formes d’entreprise alternatives telles que les coopératives d’activités et d’emploi ou encore les Pôles territoriaux de coopération économique qui sont les pôles de compétitivité de l’ESS.
 


Un agrément renforcé

De ce nouveau périmètre découle la révision de l’agrément préfectoral « entreprise solidaire » qui deviendra « entreprise solidaire d’utilité sociale ». Cet agrément, qui jusque-là ne concernait principalement que les conditions d’emploi des personnes (notamment les emplois d’insertion) sera réorienté fortement sur la vérification de l’objectif d’utilité sociale de l’entreprise. La loi prévoit notamment que les collectivités publiques pourront rendre plus aisées l’accès des entreprises agréées aux marchés publics via la passation de marchés réservés. Le deuxième intérêt de l’agrément « entreprise solidaire d’utilité sociale » sera d’accéder aux nouveaux outils de financement destinés à flécher vers l’ESS les 500 millions € de la Banque publique d’investissement.

 

Soutien à la croissance et à l’innovation sociale

Une première ébauche de ces outils a été rendue publique le 31 mai dernier par la Bpi. La croissance des entreprises de l’ESS et notamment des Société coopératives de production (Scop) devrait en bénéficier. Un fonds de fonds dont le montant pourrait atteindre 100 millions € sera orienté sur trois axes : le financement des entreprise de l’ESS via les acteurs du financement spécialisés (France Active, banques spécialisées comme La Nef…), la structuration du marché français du capital investissement à fort impact social (le fameux impact investing) et enfin les Scop.

La loi prévoit en effet de favoriser la transmission d’entreprises en Scop via la création d’un droit d’information prioritaire des salariés en cas de projet de reprise de leur entreprise et la création d’un statut transitoire de Scop. Ce statut offrira l’opportunité à un groupe de salariés, désireux de reprendre leur entreprise d’obtenir un soutien d’investisseurs extérieurs qui lèvera l’obstacle du rachat mais dérogera à la règle de l’actionnariat salarié majoritaire qui prévaut dans les Scop.

Un dernier axe de financement devrait être au programme de la Bpi avec le financement de l’innovation sociale qui trouvera sa première définition légale dans la loi présentée en juillet. Au total 500 millions € sont promis à l’ESS, mais ce n’est pas un maximum précise le communiqué de Bercy.
 


* Selon le calendrier législatif. Le projet de loi-cadre de l’ESS, initialement prévu pour avril, parviendra tout de même à s’extraire de l’embouteillage législatif pour être examiné par les deux assemblées lors de la session parlementaire extraordinaire  qui aura lieu à la rentrée.

Actualisation: le 24 juillet, le projet de loi a été présenté en conseil des ministres. Il est violemment critiqué par le patronat (Medef, CGPME et UPA) concernant le volet sur la cession d'entreprise qui rajoute "une contrainte supplémentaire sur le dos des entreprises" selon Pierre Gattaz.

Philippe Chibani-Jacquot pour Novethic

 


08 jui 2013
L'économie du partage, horizon prometteur d'internet

L'économie du partage, consistant pour les particuliers à échanger directement des services, viendra à bout de la société de consommation, une révolution se chiffrant déjà en milliards qui ne tuera pas le capitalisme, estime Rachel Botsman, spécialiste du sujet.

L'économie «collaborative», dont les exemples les plus connus sont les sites web d'échange d'appartements, la location de voitures entre particuliers, les prêts entre individus passant outre le système bancaire, «représente déjà des milliards de dollars», déclare Rachel Botsman, auteur de What's mine is yours, How Collaborative Consumption Is Changing The Way We Live («Ce qui est à moi est à toi, ou comment l'économie collaborative va changer notre mode de vie»).

Ainsi, le marché de prêts représenterait déjà deux milliards. Le site Airbnb, mettant en relation des particuliers pour louer leurs habitations pour quelques jours et ne prélevant que des frais de transaction, a permis la location de 4 millions de nuitées en 2013 contre 3 millions en 2012, au grand dam des hôteliers, note la spécialiste invitée à Bordeaux pour un forum sur ce sujet.

«C'est la fin du consommateur comme on l'entendait. D'ici dix ans il sera mort», assure-t-elle. Le consommateur ne se définira plus comme tel, mais comme «membre d'une communauté», ajoute cette anglaise issue du monde du marketing et de la publicité, fondatrice d'un cabinet de conseil spécialisé dans l'économie collaborative, qui considère que la crise de 2009 a entraîné un questionnement profond de la société de consommation.
 

La technologie a désormais permis de mettre en relation les individus sans intermédiaires et comme en matière de circulation de l'information, internet défie les «monopoles» et entraîne un changement profond des relations entre producteur et consommateur, avec une économie «plus distribuée, moins centralisée, des marchés de niche et de réseaux (...) permettant aux individus de se sentir plus capables».

Elle permet en plus de «monétiser» des actifs qui jusque-là ne l'étaient pas: «Des voitures mais aussi de l'espace physique ou l'expertise qui étaient jusque-là sous-utilisés».

Avant, «les maisons dans les arbres n'avaient pas de marché», maintenant on peut les louer sur internet, plaisante-t-elle. De même, certains louent leur temps à d'autres pour faire des démarches administratives pour eux, un marché inexistant avant. Idem pour les «places vides dans des voitures», les minutes non utilisées des forfaits de téléphone portable, l'échange de savoirs en ligne.

Le secteur, insiste-t-elle, connaît une «croissance à trois chiffres».

Cette économie-là entraînera-t-elle des pertes d'emploi dans l'industrie manufacturière, alors qu'elle encourage la ré-utilisation d'objets plutôt que la consommation à outrance?

Pas forcément, répond-t-elle en soulignant que l'échange de musique en ligne avait ainsi fait craindre l'effondrement de l'industrie musicale et s'est finalement traduit par «l'apparition de nouvelles sources de revenus». «On est bien passés de la télévision, à Youtube, des journaux aux blogues», dit-elle, sans cependant nier que dans un premier temps, «les industries manufacturières vont beaucoup souffrir" et devront évoluer vers un «modèle de service» et non de production.
 

Ainsi, certaines chaînes de magasins de bricolage offrent de plus en plus de services aux particuliers allant au-delà de la vente. «Ils vous apprennent à faire les choses vous-même plutôt que de juste vendre un produit décapant».

«Vous aurez toujours les monopoles et les conglomérats mais la marge, la niche, le marché de réseau seront aussi dynamiques que ceux du centre», dit-elle. Pour les travailleurs, en revanche, à l'écouter, tout va changer: «Mes enfants auront cinq jobs par semaine et ne penseront plus en terme de travail, mais d'expertise».

Michaela Cancela Kieffer pour l'AFP

Cyril